PARTAGER

Tivaouane, capitale de la Tidiania au Sénégal, est réputée être une ville lumière, une ville qui vit régulièrement des événements spirituels, dont le plus important est le Mawlid, marquant l’anniversaire de la naissance du Prophète (Psl). Makhary Mbaye, chargé de la communication du Dahiratoul moustarchidine wal moustarchidaty (Dmwm), rappelle qu’un tel évènement religieux a été institué depuis 1902 par le patriarche Seydi El Hadji Malick Sy Maodo, «dans un contexte où l’islam n’avait pas encore droit de cité au Sénégal, à cause des exactions des Ceddos, de l’administration coloniale qui n’appréciait pas le travail d’islamisation des chefs religieux». Néanmoins, dit-il, «Maodo réussit à organiser l’événement qui va entrer dans les annales de la confrérie». Laquelle tradition sera perpétuée, selon M. Mbaye, à la disparition du saint homme, par son premier Khalife, Serigne Babacar, puis par El Hadji Abdou Aziz Sy «Dabakh», jusqu’à l’avènement des petits fils, inauguré par le magistère de Serigne Mansour Sy «Borom Daradji», deuxième fils de Serigne Babacar Sy. «Dans cette perspective, Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum, qui, depuis 1984, n’a pas participé au gamou de Tivaouane, va revenir en force en 1998, cette fois-ci au Champ de courses, avec de nombreux fidèles dont les Moustarchidines qu’il considère comme des condisciples.» Il rappelle toutefois que «du temps du Khalifat de Dabakh, Serigne Cheikh jouait une bonne partition dans la célébration de l’événement, car, c’est à lui que revenait l’honneur de parler à la délégation gouvernementale, au corps diplomatique et aux fidèles, notamment pendant la cérémonie officielle présidée par le khalife, avant de revenir, la soirée, dans la mosquée de Serigne Babacar Sy pour continuer à communier avec le Prophète (Psl), en compagnie de son frère Serigne Mansour».
Le guide spirituel des Moustarchidines va donc marquer un grand retour à la ville sainte, en 1998, en choisissant l’hippodrome de la ville, censé pouvoir recevoir les milliers de fidèles, nostalgiques des enseignements du saint homme en pareille période. «Le Champ de courses va alors devenir un «champ de cours», où le marabout Al Makhtoum, dispensait aux fidèles, des cours de haute facture intellectuelle, scientifique et mystique. Côté discours, Mame Cheikh, comme le nomment ses petits-fils, du Dmwm, va revisiter la généalogie du Prophète Mouhammad, pour déceler, de chaque ascendant, les traits référentiels et identitaires qui intéressent la communauté musulmane, et surtout la jeunesse». Un sublime moment de grâce, où le Dahiratoul moustarchidine, «très fort en matière d’organisation, en sera le maître d’œuvre sous la direction de leur responsable moral, Serigne Moustapha Sy», poursuit Makhary Mbaye, chargé de la communication du Dmwm. «Ce dernier va déployer toute son énergie pour une bonne réussite de l’événement sur tous les plans.» Ainsi fera-t-il noter, «Serigne Cheikh va donc présider la cérémonie du Mawlid pendant de bonnes années, avant de se retirer, après le gamou de 2011, pour de raisons de santé, laissant à Serigne Pape Malick Sy, d’abord (en 2012), puis à Serigne Moustapha Sy depuis 2013, le soin de présider l’organisation du Mawlid de Champ de courses». C’est parce que, disait-il, «Seydina Mouhamad est le prince de l’espèce humaine et même que la nuit de sa naissance est la princesse de toutes les nuits sacrées de Dieu».

Note : Le Mawlid, une tradition divine
«Le Mawlid est une tradition divine, parce que le Seigneur a été le premier à célébrer le Mawlid quand il a convoqué les anges auprès de lui pour leur demander de célébrer la naissance du Prophète en priant sur lui. Il leur a dit : le Seigneur prie sur le Prophète en même temps que ses anges. C’est ainsi qu’il a demandé aux musulmans de le suivre dans cette dynamique. Et Maodo a dit : «comme c’est le Seigneur qui a ouvert la voie, moi Maodo, je ne serai pas en reste»», confie Makhary Mbaye.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here