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«Sécurisation du foncier et accès des femmes et des jeunes à la terre» : C’est le thème du forum organisé hier, à l’hôtel de ville de la commune de Darou Khoudoss, par Enda pronat. Une rencontre d’information et de sensibilisation sur les enjeux de la sécurisation du foncier.

«Darou Khoudoss pouvait constituer le cobaye de l’Etat dans le cadre de la réforme foncière parce que dans cette commune, on trouve presque tous les domaines de l’Etat.» L’avis est de l’adjoint au sous-préfet de l’arrondissement de Méouane, Oumar Diba. C’était à l’occasion d’un forum sur la sécurité foncière et l’accès des femmes et des jeunes à la terre, initié par Enda pronat. L’autorité administrative d’expliquer : «A Darou Khoudoss, il y a le domaine public naturel, mais également le domaine public de l’Etat, et celui qui est affecté aux sociétés minières. Sans compter le domaine national et le périmètre de restauration des Eaux et forêts. Et pour attribuer ces zones à des particuliers, il y a des procédures à faire.» Toutes raisons qui justifient «les nombreux conflits fonciers dans la zone» ; d’où la pertinence de l’organisation de ce forum sur la sécurisation du foncier et l’accès des femmes et des jeunes à la terre, selon Mme Maguette Diop, conseillère municipale à la commune de Darou Khoudoss. Elle constate : «Les femmes n’ont pas accès à la terre et c’est une bataille que nous sommes en train de mener au niveau national et local.» Elle s’offusque : «90% des terres sont gérés par les hommes. Il est temps que les autorités fassent une discrimination positive à l’endroit des femmes pour qu’elles puissent bénéficier de ces terres» puisque, poursuit-elle, «la loi n’interdit pas aux femmes d’accéder à la terre». Mieux, ajoute-t-elle, «nous sommes beaucoup plus présentes dans le domaine foncier que les hommes, car nous faisons du maraîchage, de la transformation des fruits et légumes et des produits halieutiques, mais également de l’aviculture. Il y a même des femmes qui sont dans la culture de la mangue». Pour dire que «nous sommes beaucoup plus engagées dans les activités liées au foncier que les hommes. Et si on nous donne des terres, nous allons les exploiter pour avoir des ressources pour gérer nos foyers et l’éducation de nos enfants». Elle appelle ainsi les communautés à aider les femmes pour qu’elles puissent accéder à la terre. Un appel qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, puisque le maire de Darou Khoudoss, Magor Kane, promet de tout faire pour essayer de faciliter la tâche aux femmes. Déjà, dit-il, «en tant qu’institution, nous avons reçu une circulaire au niveau central pour faciliter l’accès à la terre aux femmes et aux populations de manière générale et même aux investisseurs».
En outre, le premier magistrat de la commune de Darou Khoudoss a salué l’initiative d’Enda pronat d’organiser cette rencontre qui va permettre de sensibiliser et d’informer les populations sur la législation sénégalaise en la matière. Surtout que «dans cette zone, il y avait beaucoup de conflits fonciers liés au récent découpage administratif». Il explique : «Darou Khoudoss était une communauté rurale issue des cendres de la commune de Mboro. Avec l’Acte 3 de la décentralisation, elle est devenue une commune de plein exercice. C’est pourquoi il y a toujours des conflits entre les deux institutions, parce que Darou faisait des extensions ou des morcellements, et idem pour Mboro. De ce fait, les deux localités attribuaient des papiers et parfois sur les même sites. Ce qui avait posé de réels problèmes.» Egalement, «il y avait beaucoup de conflits fonciers, parce que les populations n’avaient pas bien compris comment cela devrait se passer, mais la situation est en train de se régler». Magor Kane de terminer par rassurer : «Les conflits se sont apaisés maintenant parce que depuis trois ans nous associons les chefs de village dans tout ce qui touche le domaine foncier.»
nfniang@lequotidien.sn

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