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Les chauffeurs du département de Tivaouane protestent contre le nouvel arrêté ministériel portant interdiction de circuler entre les départements dans les régions de Thiès et Diourbel. Ils demandent à l’Etat de les laisser travailler parce qu’ils se disent prêts à prendre les mêmes risques que les médecins pour subvenir aux besoins de leur famille.

«La situation que nous vivons aujourd’hui est pire que le Covid-19.» C’est le cri du cœur du Collectif des chauffeurs du département de Tivaouane. Devant ses pairs présidents de gare routière, Abdoulaye Diakhaté relève que «les chauffeurs sont privés de leur gagne-pain depuis le 23 mars, date à laquelle l’Etat d’urgence, assorti d’un couvre-feu sur l’ensemble du territoire, a été proclamé. Deux mois après, nous sommes toujours inactifs face à l’interdiction du transport interurbain malgré les mesures d’assouplissement prises par le président de la République. Nous n’en pouvons plus», s’offusque le transporteur qui rappelle que «le président de la République a demandé aux Sénégalais d’essayer de vivre avec le virus lors de son dernier message à la Nation. Et nous y sommes à travers le port du masque, l’utilisation de gel, le respect de la distanciation physique, le lavage des mains. S’il y a d’autres mesures sanitaires à adopter, ils n’ont qu’à nous les apprendre et nous laisser travailler avant que nos familles ne meurent de faim». Surtout que, fera-t-il remarquer, «ceux-là qui nous interdisent de travailler sont en train de le faire. Même les médecins qui côtoient tous les jours les malades sont en train de travailler. Ils courent le risque parce que c’est leur métier. Nous avons, nous aussi, choisi le transport comme mode de travail, et nous acceptons de courir les mêmes risques», martèle le représentant des chauffeurs du département de Tivaouane, qui enchaîne que «depuis le début de la pandémie, les autorités ont obligé les acteurs du transport en commun à garer les véhicules qui sont leur outil de travail». Du coup, s’étrangle-t-il, «nous sommes subitement poussés vers le gouffre économique et social, parce que nous sommes devenus des pères de famille fatigués dont la progéniture est presque livrée à elle-même». Pour simplement dire, «trop, c’est trop». Abdoulaye Diakhaté a donc demandé au chef de l’Etat «de donner instruction à ses ministres des Transports et de la Santé d’organiser le transport public, comme ils l’ont fait avec les autres secteurs, pour sauver ces acteurs qui risquent de périr avec leurs familles».
Une demande «légitime», selon l’ancien président du Regroupement des chauffeurs de la région de Thiès, surtout que «les autorités l’ont déjà fait avec les commerçants, les conducteurs de moto Jakarta, les imams avec l’ouverture des lieux de culte». Pour lui, «les chauffeurs sont également des Sénégalais à part entière, qui ont le droit de vivre à la sueur de leur front. On ne peut pas imposer à une personne de rester dans sa maison pendant trois mois sans avoir de quoi se mettre sous la dent».

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