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A Tivaouane Peulh, les populations sont sur le pied de guerre en continuant de réclamer la rétrocession des 20 ha que le Président leur avait promis.

C’est un après-midi agité qu’ont vécu manifestants et gendarmes hier dans la commune de Tivaouane Peulh. Plus d’une dizaine de personnes ont été arrêtées vendredi, suite à la bravade de membres du Collectif des victimes de démolitions de Tivaouane Peulh qui ont passé outre l’interdiction de rassemblement à eux notifiée par le sous-préfet. Elles sont sorties, ont brûlé des pneus sur l’artère principale de la commune et riposté par des jets de pierres aux grenades lacrymogènes des éléments de la gendarmerie venus en grand nombre. A l’origine de ce mouvement d’humeur qui a plombé la circulation pendant des heures dans la zone, une annonce du gouverneur de Dakar faisant état du retrait des 20 ha qu’avait octroyés aux victimes le président de la République pour leur recasement. Une promesse faite lors de la campagne présidentielle et qui jusqu’à l’heure n’avait pas été suivie des diligences administratives pour une entrée en possession légale des victimes. «Le gouverneur s’est permis de dire qu’avec la Dscos ils vont retirer les 20 ha remis aux victimes. Ces 20 ha ont été aménagés jusqu’à 80%. Tivaouane Peulh va lutter parce que c’est une injustice», a pesté Ousmane Ndiaye, un des membres du collectif. «Promesse nous a été faite par le président de la République qui avait décidé de nous octroyer ces 20 ha retirés à la Sipres. Aujourd’hui, on nous annonce à nouveau que les terres en question ont encore été remises à la Sipres par le président de la République. Nous ne l’accepterons pas», a prévenu M. Ndiaye, assurant que les Forces de l’ordre déployées dans la commune ne pourront empêcher les populations de se battre pour reprendre ce qui leur appartient. Venu appuyer les victimes de la zone, Guy Marius Sagna a appelé les populations du département à s’unir pour porter le combat du foncier dans le département de Rufisque où les problèmes fonciers sont quasi récurrents. «Il y a énormément de problèmes fonciers qui se posent aujourd’hui dans le département de Rufisque. Il faut fédérer les forces pour faire face aux tailleurs fonciers et pour faire face à la toute-puissance de l’état qui encourage l’expropriation foncière», a exhorté le leader du front Frapp France dégage. Jusque tard dans la soirée, les Forces de l’ordre étaient en position pour parer à tout nouveau débordement face à une population qui ne compte pas se laisser faire dans cette affaire.

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