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Tivaouane la Sainte a clos hier ses journées scientifiques sous le thème «Problématique de l’éducation et de la mendicité des enfants : apport de l’école d’El hadji Malick Sy». Cette réflexion de deux jours, organisée en prélude de la célébration de la 118e édition du Gamou de Tivaouane, se veut «une contribution de la zawiya tidiania pour ne plus voir dans nos quartiers cette image hideuse d’une enfance maltraitée, écharnée et souvent exploitée au nom d’un savoir hypothétique parce que déjà hypothéqué», explique le res­ponsable de la communication du Gamou, Abdoul Hamid Sy. Lequel pense que «la mendicité des enfants dans les daraas est une plaie béante que notre société doit éradiquer». Pour dire toute la pertinence de ce thème choisi par le comité scientifique du Gamou de Tivaouane. Une manière, selon lui, «d’oser poser le problème pour lui trouver une solution». Une solution qui a été déjà trouvée par Seydi El Hadji Malick Sy, selon Abdoul Aziz Diop, membre dudit comité scientifique. Il relève que «la mendicité est une question résolue par Maodo Malick Sy depuis 1904. Une solution qui se résume en trois points : L’éducation, l’adoration de Dieu et le travail». Il explique : «C’est le fameux triptyque de Maodo : ‘’Dia-Diou-Ba’’ lors de l’érection du village de Diacksao qui a coïncidé avec la naissance de Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh en 1904, mais aussi avec l’érection des zawiyas dans tout le pays.» Le petit-fils de Maodo de décortiquer pour définir le «Dia» comme «Diang Dian­galé» (éducation) le «Diou» représentant «Diouly» (la prière), et le «Ba» signifiant «Mbayee » (le travail). Toute la vie de Mame Maodo s’est résumée à ce triptyque. Et de signaler : «Il a toujours été un éducateur, un formateur d’hommes et de disciples, mais également il a toujours prêché l’adoration de Dieu, l’exemplarité.» Egalement, poursuit le modérateur du sous thème «Quelle place pour l’éducation aux valeurs» lors du symposium, «Maodo a toujours évité la dépendance. Il travaillait pour non seulement nourrir sa famille, mais aussi ses disciples de manière licite». Selon lui, «parler de la problématique de l’éducation et de la mendicité au Sénégal sous forme de regard croisé avec une approche pluridisciplinaire est très important. Nous sommes sortis de ces rencontres donc avec des recommandations très fortes sous forme de document de contribution de l’école de Tivaouane par rapport à ces questions sociétales».
En effet, il est ressorti, lors des débats des journées scientifiques, que si l’on se réfère à ce que les chroniqueurs ont décrit concernant les daaras ou écoles coraniques, on se rend compte que la quête de l’aumône était une pratique. Il s’agissait d’un rituel pour les jeunes apprenants, aussi longtemps qu’ils font leurs études, de subsister d’aumône. Les daaras, dans leurs fonctions de transmission des valeurs sociales et de culture d’humanisme, procédaient à l’éducation des enfants à l’endurance, à l’humilité. La quête de la subsistance n’était pas un métier, mais une pratique incluse dans le système d’éducation avec une programmation harmonieuse. En effet, il y avait trois moments de la journée où le talibé, apprenant-résident dans le daara, faisait la quête pour la subsistance. Ces trois moments correspondaient aux heures des trois repas quotidiens. C’est à l’heure de chaque repas que l’enfant se présentait comme pour prendre sa part de nourriture que la société lui devait. Pour dire que la prise en charge de l’apprenant, le talibé, et de son maître marabout, par la pratique de la quête de l’aumône qui avait une valeur pédagogique est devenue aujourd’hui une source d’abus et d’exploitation pour de nombreux enfants.

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