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Amnesty international, Africans Rising et le Front line defenders demandent aux autorités togolaises de cesser de harceler les militants pro-démocratie et d’abandonner immédiatement toutes les charges relatives à l’exercice pacifique du droit à la libre expression, notamment les accusations de diffamation et de publication de fausses nouvelles, et de libérer tous les membres du Mouvement Nubueke.

Alors que le dialogue politique entre l’opposition et le gouvernement du Togo s’ouvre, la tension ne faiblit pas. Africans rising, Amnesty international et le Front line defenders demandent au gouvernement togolais de cesser de «harceler les militants pro-démocratie» et les défenseurs des droits humains. Dans une déclaration conjointe, ces organisations ont condamné fermement le maintien en détention des membres du Mouvement Nubueke qui, d’après les Ong, seront jugés pour publication de fausses nouvelles, troubles aggravés à l’ordre public, incitation à la révolte, menaces et violences envers les représentants de l’autorité publique, destruction volontaire par incendie de biens publics.
Les 3 Ong appellent les autorités togolaises à «abandonner immédiatement toutes les charges relatives à l’exercice pacifique du droit à la libre expression, notamment les accusations de diffamation et de publication de fausses nouvelles, et à libérer tous les membres du Mouvement Nubueke, à moins qu’ils ne bénéficient de procès équitables pour des infractions pénales dûment reconnues par le droit international», lit-on dans un communiqué.
Les organisations font part de leurs préoccupations concernant le «harcèlement judiciaire» dont sont victimes les membres du mouvement Nubuekecar, dénonce les Ong, «il semble que cela soit uniquement motivé par leur travail légitime et pacifique en faveur des droits humains». Les organisations demandent aussi l’ouverture d’enquêtes sur les exactions perpétrées lors des manifestations, y compris les «mauvais traitements infligés» au militant pro-démocratie Messan Kokodoko, et les «meurtres des manifestants et des membres des forces de sécurité. Les coupables présumés doivent être traduits en justice dans le cadre de procès équitables».
Les organisations ont dans la foulée fait part de leurs vives préoccupations concernant la récente «campagne d’intimidation» lancée contre les militants pro-démocratie qui ont participé à la mobilisation des citoyens et aux manifestations. «Ces arrestations sont une nouvelle tentative pour réduire au silence les militants pro-démocratie. Alors que le dialogue politique s’ouvre, les autorités doivent garantir que les militants et les défenseurs des droits humains peuvent travailler sans subir de pression ou d’intimidation in­dues», a déclaré François Patuel, chercheur pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty international. «Ces arrestations sont une nouvelle tentative pour réduire au silence les militants pro-démocratie», regrettent les Ong. François Pa­tuel, chercheur pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty international pour sa part, a souligné que les autorités doivent garantir aux militants et défenseurs des droits humains des conditions de pouvoir travailler sans subir de pression ou d’intimidation indues.
Dans ce contexte tendu, les organisations ont rappelé le droit de chacun à se rassembler pacifiquement pour exercer son droit à la liberté d’expression et de réunion, conformément aux articles 3 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que l’article 8 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.
Les Ong relèvent aussi que les défenseurs des droits humains commencent à être inquié­tées. Quatre d’entre eux, représentants du mou­ve­ment Africans Rising, n’ont pas été autorisés à quitter le pays. «Leur matériel, téléphones et passeports, ont été saisis lors de leur arrestation dans leur hôtel.  Ils ont été interrogés pendant plu­sieurs heu­res, sans accès à un avocat. Les effets personnels des défenseurs ne leur ont été restitués que 5 jours après leur arrestation», renseigne le communiqué.
«En cette période de tension politique, les défenseurs des droits humains jouent un rôle important pour documenter et dénoncer les exactions, maintenir la liberté de rassemblement et défendre les droits des autres. Leur droit de mener à bien ces activités doit être garanti en toutes circonstances», a déclaré François Patuel, chercheur pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty international.
La situation des droits humains au Togo s’est rapidement détériorée depuis que les manifestations pro-démocratie ont éclaté en août 2017 à travers tout le pays, les pays voisins, l’Europe et les Etats-Unis, menées par la diaspora togolaise. Les manifestants appellent à des réformes constitutionnelles, notam­ment à la réinstauration d’une limite de deux mandats présidentiels. «La réponse répressive des forces de sécurité qui ont employé des balles réelles, du gaz lacrymogène et des matraques contre les manifestants pacifiques et les passants, a entraîné des affrontements violents. Au moins dix personnes sont décédées lors des manifestations, dont trois enfants et deux soldats», indique le communiqué.
ndieng@lequotidien.sn 

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