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Des changements profonds et progressifs dans la lutte contre l’excision sont en train de s’opérer au Sénégal, malgré de nombreux défis et farouches résistances, a salué, mercredi, à Dakar, la représentante de l’Unicef au Sénégal, Laylee Moshiri. «Mal­gré les nombreux défis et farouches résistances, des changements profonds et progressifs sont en train de s’opérer au Sénégal», a-t-elle dit, à l’occasion de la célébration de la journée internationale «Tolérance zéro excision». Cette célébration a pour thème : «Traduire les décisions politiques en actions concrètes à la base pour accélérer l’atteinte de la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines en 2030.» Après avoir connu une légère baisse de 18% en 2012 et à 14% en 2017, la prévalence nationale s’est stabilisée à 14% chez les filles âgées de 0 à 14 ans entre 2016 et 2017, a rappelé la représentante de l’Unicef. Elle a souligné la nécessité de mener des études approfondies pour mieux comprendre les déterminants de la baisse et de la persistance de cette pratique.
A ce sujet, elle a insisté également sur l’importance d’intensifier les interventions du programme, notamment en direction des religieux et autres acteurs-clés. «A l’échelle nationale, nous avons besoin de renforcer les politiques et les mesures visant à protéger les droits des filles et des femmes à une vie exempte de violence et de discrimination», a-t-elle indiqué. Pour elle, l’accent devra être également mis sur l’information et l’éducation des populations en général et des communautés pratiques, en particulier, sur les effets néfastes de l’excision.
Cet accent devra aussi être mis, selon Mme Moshiri, sur les droits humains, afin d’encourager l’abandon définitive de cette pratique. «Nous devons traiter ce problème indépendamment des autres formes de violence à l’égard des filles et des femmes ou d’autres pratiques néfastes comme les mariages précoces et forcés», a-t-elle précisé. «Nous avons une loi qui prononce des peines contre cette pratique, mais nous pensons qu’il faudrait faire plus, pour renforcer sa mise en application afin d’y mettre fin», a pour sa part soutenu le directeur de Cabinet de la ministre de la Femme, de la famille et du genre, Ciré Lô. Il a suggéré de chercher en profondeur les déterminants du phénomène, pour obtenir les résultats escomptés. «Nous devons changer des paradigmes pour faire plus et mieux. Car, les questions de mutilation,* sont des questions fortes qui portent atteinte à l’autonomisation de la fem­me», a-t-il fait valoir.

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