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La répétition des cas de meurtre, qui a plongé le Sénégal dans un émoi total, n’a pas laissé indifférent le Khalife général des mourides. Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, par le biais de son porte-parole, a rappelé que l’islam a déjà réglé la question en recommandant d’exécuter celui qui attente délibérément à la vie de son semblable. Autrement dit, il faut appliquer la peine de mort.

C’est une onde de choc. Depuis le décès tragique de Binta Camara, tuée par strangulation dans la nuit du samedi au dimanche, les réactions indignées se multiplient et les propositions pour prévenir de tels crimes fleurissent. A Touba, on semble prôner l’application de la Charia pour mettre fin à la recrudescence des cas de meurtre, qui émeuvent le pays depuis quelques jours. Alors que la peine de mort est abolie au Sénégal depuis 2004 et n’a été appliquée qu’à deux reprises.
Face à la presse hier dans sa résidence sise à Touba Guédé, le porte-parole du khalife général des mourides, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, a donné la position de Serigne Mountakha Bassirou Mbacké sur cette brulante actualité. Dans son discours, le guide religieux a rappelé que la vie humaine est sacrée pour l’islam. Raison pour laquelle, dit-il, la religion avait déjà réglé le problème. Il dit : «L’islam n’a pas cherché midi à 14 h pour trouver la solution : si une personne tue quelqu’un sans en avoir l’intention de le faire, l’islam dit que cette personne doit donner 100 chameaux si c’est un homme et 50 chameaux si celui qui a commis le crime est une femme. Et, celui qui a tué quelqu’un de façon préméditée non seulement Dieu lui réserve les feux de l’enfer mais Il a demandé qu’il soit exécuté. Donc, l’idéal c’est d’éviter tout ce qui peut entraîner un meurtre.» Insistant toujours sur ces incidents, le Khalife général des mourides a fait savoir qu’il est temps d’appliquer les recommandations de Dieu. «L’arme du musulman est de prier. Sur ce, prions pour ce pays. Ces cas de mort atroce notés ces derniers jours ressemblent à une damnation», a-t-il dit.
Serigne Mountakha Bassirou Mbacké est convaincu que quand une personne est sûre qu’elle sera tuée lorsqu’elle attente à la vie de son semblable de son propre gré, il est certain qu’elle ne commettra pas un tel acte. Dans la même veine, le petit-fils de Serigne Touba rappelle que dans le cas du vol, la religion a recommandé que la main de l’auteur soit coupée. De même, l’occasion sera saisie par le chef religieux pour inviter les Sénégalais à éviter tout ce qui peut conduire à la violence. «Prions davantage pour faire baisser nos péchés en faisant aussi des sacrifices», dit le porte-parole du khalife des mourides.
En voulant faire comprendre les motivations de son intervention, Sergine Mountakha Bassirou Mbacké rappelle les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul : «Il avait dit que celui qui doit donner des ordres ou interdire quelque chose, s’il se tait cela peut être dangereux pour toute une communauté. Donc, il faut parler quand cela est nécessaire pour rendre service à ceux qui vous écoutent.» Au-delà de ces recommandations, Sergine Mountakha Bassirou Mbacké a regretté que des gens sortent dans la presse pour dénigrer l’islam ainsi que les enseignements du mouridisme. Alors, précise-t-il, «il faut toujours respecter la foi d’autrui. Et, si cela continue, ceux qui devront intervenir pour régler la situation n’hésiteront pas à le faire». Bien sûr !
Correspondante

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