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Le vote du budget de la commune de Touba a permis de savoir que 60% de la population ne disposent pas de pièces d’état civil et que seuls 33% du budget de l’année dernière ont été recouvrés. Cette année, l’accent sera mis sur l’éclairage public, la santé, l’éducation et la sécurité. Le budget de la commune de Touba Mosquée a été voté la semaine dernière. Il s’équilibre en recettes et dépenses à la somme de 4 166 821 459 francs. Soit une hausse de 1 371 469 francs par rapport au budget de 2016.

«Touba n’a pas de problème d’état civil. Le système est informatisé.  La difficulté, c’est que 60% de la population de Touba ne disposent pas d’extraits de naissance. Les raisons, c’est que la plupart de ces personnes ne cherchent ce sésame qu’après avoir terminé leurs humanités au daara», insiste Abdou Lahat Ka. Le maire de la commune de Touba Mosquée s’exprimait à l’occasion du vote du budget de la collectivité locale répondant à une question sur les longues files notées au niveau de l’état civil, qui  reçoit environ 1000 personnes par jour. Toutefois, rassure le maire, «le service en tant que tel n’a pas de problèmes. Il est informatisé. Tout requérant qui était auparavant enregistré reçoit en moins de 15 minutes son extrait de naissance. 4 inspecteurs de police retraités et 2 professeurs à la retraite ont été recrutés et sont nommés officiers d’état civil. Ce qui fait qu’il n’y a pas de problème au niveau de ce service». Outre l’état civil, la commune de Touba est confrontée à un problème de recouvrement. Abdou Lahat Ka confie : «Le budget est évalué à 4 milliards, mais le recouvrement n’a atteint que 1 milliard. Soit un taux de 33%. Nous pensons que le budget est réaliste. Ce qu’on a recouvré est petit. D’ailleurs, si nous faisions des efforts, je reste persuadé qu’on peut recouvrer à Touba 7 milliards de francs. Pour inverser la tendance, il sera procédé au recrutement de 60 collecteurs, qui vont s’ajouter aux 40 existants.» Cette année, l’accent sera aussi mis sur l’éclairage public, la santé, l’éducation et la sécurité. Cette dernière est une sur-priorité. Ce qui justifie la demande du maire : «On demande à l’Etat de multiplier les postes de police. La commune va mettre le focus sur l’éclairage public afin qu’il n’existe plus de niches accueillant les malfrats. Il y aura des patrouilles toutes les nuits. Le problème de véhicules non réglementaires est un casse-tête. Les taxis seront identifiés. Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2016, il y a eu 104 accidents dont les auteurs ont pris la fuite et n’ont pas à ce jour été retrouvés.» La commune de Touba Mosquée, c’est aussi 250 employés et une contribution financière au niveau des 300 magals qui s’y déroulent très souvent. Ce qui explique que l’enveloppe allouée au fonctionnement soit de 2, 482 milliards F Cfa. Contrairement au maire, des conseillers comme Cheikh Abdou Mbacké pensent que le budget n’est pas réaliste. D’où leur refus de le voter. Le conseiller municipal explique son acte : «Nous avons un problème de compte administratif. Le budget est truffé d’erreurs. Des secteurs comme l’agriculture et l’élevage sont laissés en rade. Le budget n’est pas cohérent. Et pour cause, chaque année, tu prévois un budget d’environ quatre milliards et tu ne parviens même pas à recouvrer le tiers de ton fonctionnement. Ce n’est pas juste. Si on est certain qu’on ne peut recouvrer que 1,5 milliard, il faut équilibrer le budget de fonctionnement et d’investissement. Je ne peux pas vous dire en termes de réalisations, ce que la commune a fait dans cette collectivité. Les 4 sessions sont un minimum qui n’est pas respecté.»
Dans un autre domaine, Sidy Mbacké demande que des secteurs comme le foncier et l’eau reviennent dans l’escarcelle de la commune : «Chaque année, vous votez un budget qui provient pour l’essentiel des taxes payées par les charrettes. Je ne suis pas d’accord que les taxis qui ne sont pas en règle continuent de circuler. Il faut les régulariser parce que la plupart sont sources d’insécurité. Autre préoccupation qui doit trouver solution, c’est le foncier. Il est inadmissible que chacun se prévale de titre qu’il ne détient pas. On ne doit pas laisser faire. Le foncier doit être géré par la commune. Idem pour l’eau. Pour cela, il faut sensibiliser le khalife parce que de tout temps, c’est l’équipe qui gérait la collectivité locale, qui avait aussi la haute main sur le foncier et l’eau.»

Les urgences
Il faut savoir que Touba compte 100 conseillers municipaux composés pour l’essentiel de personnalités issues du mouridisme. Madické Niang, ancien ministre, en est un parfait exemple. Il s’est offusqué de ses non-convocations aux sessions municipales. Lors de la session ordinaire consacrée au vote du budget, il a demandé au Bureau municipal d’explorer d’autres pistes pour renflouer les caisses de la collectivité. Il dit : «J’ai considéré que le mouridisme a toujours fonctionné par des actes volontaires. Le budget de Touba ne doit pas se concevoir de la même manière que cela se fait dans les autres villes. Touba est une ville que se partagent non pas les habitants de Touba mais tous ceux qui appartiennent à la communauté mouride. C’est la raison pour laquelle, je leur ai dit qu’il faut qu’ils ouvrent un volet barkélou parce qu’il y a des activités pour lesquelles, les gens sont prompts à donner par exemple clôturer des cimetières, etc. Concernant mes absences aux sessions municipales, je leur ai dit que je suis engagé à servir Touba parce que je suis choisi par le khalife.  J’aide à nouer des partenariats pour Touba. »
badiallo@lequotidien.sn

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