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«Chaque parole a des retentissements, chaque silence aussi. Je prends Goncourt et Flaubert pour responsables de la répression qui a suivi la Commune pour n’avoir pas écrit un seul mot pour l’empêcher», disait Jean-Paul Sartre au siècle dernier pour stigmatiser de tels agissements hors-la loi.
Nous serions responsables si nous n’écrivions aucun mot pour arrêter l’acharnement contre le Groupe scolaire Yavuz Selim, de quelques bords qu’il vienne.
Pour rappel, les joyaux de Dakar (Sultan, Bosphore, Casca­des et Bourgeons), cadres d’excellence et d’épanouissement moral ont été bâtis pierre par pierre pendant deux décennies. Ils se sont élargis à quatre régions, toujours dans la même dynamique saluée par tous les acteurs de l’école, soucieux de qualité et d’excellence.
Les résultats engrangés dans les différents examens nationaux (Cfee, Bfem, Bac) et au Concours général ont fini de convaincre les plus sceptiques de cet autre «regard différent sur l’éducation» fondé sur le goût du travail bien fait, le courage et la lucidité.
Les plus hautes autorités de ce pays y ont envoyé leurs progénitures ; d’autres moins nantis aussi. Car le volet social y est une réalité avec les bourses d’excellence. Le cas de l’élève handicapé, Alioune Badara Ndiaye, lauréat en Terminale au Concours général 2016, est un exemple patent.
Sommes-nous devenus subitement des pestiférés au point qu’on menace de nous répudier ? Vous avez dit, Monsieur le ministre de l’Education : «Retirer les autorisations des écoles Yavuz Selim !!!»
Que sont devenus les lauriers tissés hier à nos apprenants et à notre institution ?
Que dites-vous du choix porté avec les autorités scolaires et académiques sur le site de Bosphore pour les rencontres autour de l’éco­le ?
Que sont devenues les journées scientifiques tant vantées par les autorités scolaires et universitaires ; les parents aussi ?
Que dire des fora d’orientation scolaire et universitaire courus par les élèves et les étudiants ?
Que dire du festival de langues et cultures que les autorités de la Culture ont envisagé d’inscrire dans l’agenda culturel du pays ?
Nonobstant ces multiples innovations et qui méritaient des félicitations, c’est une déclaration de guerre qu’on nous sert avec à la clé des menaces contre les parents soucieux du devenir de leurs enfants et qui continuent de faire confiance aux écoles de Yavuz Selim.
Quand le «maa tay» et le «jaay doole» sont érigés en système de gouvernance scolaire, c’est le début de l’injustice et de la tyrannie donc la mort programmée de l’Excellence. Et nous revient en mémoire ce propos de Pascal, il y a déjà 4 siècles : «La force sans la justice est tyrannique, la justice sans la force, impuissante.» Le Sénégal se veut un Etat de droit qui a ratifié toutes les conventions internationales en termes de droits humains ; surtout s’ils s’appliquent aux enfants. Ces derniers, «qu’ils aient raison ou tort, ils auront raison car le monde leur appartient, l’avenir leur appartient», faisait remarquer le sage de Bandiagara, Amadou Hampaté Ba. Personne n’a alors le droit de leur causer des chocs psychologiques ! Personne n’a le droit de les déstabiliser, de les perturber et de les décourager ! Or depuis le mois de décembre 2016, le ministre de l’Education a opté pour cette démesure, foulant au pied les droits des enfants, pourtant à lui confiés.
Monsieur le ministre, le Tribunal de l’histoire nous jugera. Encore faudrait-il respecter le bon droit ! Toute autre façon de faire relève de la tyrannie. Elle est suicidaire…
Le bon droit, n’est-ce pas le respect du bien d’autrui ?
Le bon droit, n’est-ce pas le recours à une justice juste et équitable ?
Le bon droit n’est-ce pas le respect de l’équité ?
La spoliation est la belle «trouvaille». La menace est son corollaire.
La spoliation est du domaine de la tyrannie. Et ce vers quoi, on semble nous pousser relève du «jaay doole».
La menace est l’arme de ceux qui n’ont pas d’arguments. Elle est du domaine du «maa tay».
Le groupe Yavuz Selim n’a-t-il pas fait ses preuves sur le terrain de l’excellence au point de mériter le respect et la considération ?
Qu’est-ce qui justifie alors cette aversion subite contre le groupe Yavuz Selim ?
Quel(s) péché(s) a-t-il commis pour mériter ces foudres ?
Sommes-nous en droit de connaître les griefs portés contre le groupe Yavuz Selim ?
Le Personnel du Groupe Scolaire Yavuz Selim

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