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Du kinkeliba dans une jolie petite bouteille, du couscous de carotte ou de patate, voilà quelques-uns des produits exposés au stand de Training Survey Agency (Tsa) à la foire Biodialaw. La jeune entreprise, installée à Diamniadio, développe une démarche innovante autour de ces produits locaux comme l’explique son Directeur général, Abdourahmane Ba, dans cet entretien.

Vous participez à cette première foire du Biodialaw avec quelques-uns des jeunes et des femmes que vous encadrez. Quel est le principe de votre entreprise ?
Tsa, c’est une structure de formation qualifiante qui s’appuie sur l’économie locale pour assurer l’insertion professionnelle des jeunes. Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un paradoxe entre des zones riches en ressources naturelles et qui à coté, avaient un taux de chômage très élevé. Nous nous sommes dit, pourquoi ne pas former les jeunes sur des compétences adaptées à leur économie locale. Nous avons des Gie qui sont dans la transformation des jus, des céréales ou tout simplement dans la teinture ou la production maraichère. Nous formons les jeunes à pouvoir appuyer le développement commercial de ces Gie. L’idée, c’est de partir d’un produit local dépourvu d’identité, de packaging, de fournir aux jeunes des outils en infographie, en marketing digital qui lui permettent de valoriser cette production locale à travers le visuel. L’idée, c’est qu’on arrive à poser côte à côte une bouteille de jus de ditakh made in Sebikotane et une bouteille de Coca Cola. Le produit made in Sebikotane aura été valorisé et il y aura eu une création d’identité qui correspond aux valeurs de ces femmes et de la localité. A coté, nous aidons aussi ces femmes à écouler leurs productions. Parce que la plupart du temps, les Gie ont ce problème de commercialisation. Nous, nous formons les jeunes dans le télémarketing, l’action commerciale pour qu’ils sachent comment ouvrir des marchés, comment créer d’autres marchés, aller voir l’hôtel qui est à coté pour leur dire : nous avons une production locale qui est saine, mais qui répond aux normes et qui est compétitive. L’idée de la Tsa, c’est un peu de réussir l’insertion des jeunes à travers l’économie locale.
Est-ce que vous avez réussi à mettre en place un marché local ?
Nous avons démarré le projet en novembre. En première phase, on a initié une trentaine de jeunes à l’infographie, au télémarketing. Ces jeunes sont organisés en 5 Start up à Diamniadio, Bargny, Sebikhotane, Yenne et Toubab Dialaw. Chaque Start up compte 5 étudiants qui sont allés sur le terrain identifier les besoins des productions. Ils ont diagnostiqué leur organisation, leurs problèmes et sont revenus avec des rapports. Il faut savoir que nous les avons formés pour tout ce dont ils ont besoin pour mener ce travail à savoir le développement personnel, comment faire des réunions, etc. Ce qu’on vise par là, c’est de leur permettre de capter toutes les opportunités qui se présentent sur leurs terroirs. On parle du pôle urbain de Diamnaidio, de l’aéroport Blaise Diagne, il y a énormément de marchés qui vont graviter autour de Diamnaidio et il faut des jeunes assez outillés pour capter ces opportunités.

Avez-vous travaillé avec plusieurs Gie ?
Nous avons travaillé avec plus de 70 Gie. Dans chaque localité, les jeunes sélectionnent 15 à 20 Gie et ils vont élaborer des actions commerciales pour un groupe de Gie. Et en même temps, on est en train d’organiser les Gie en réseaux de producteurs locaux. Pour pouvoir intéresser les grandes enseignes de distribution ou les hôtels, il faut une chaine de production. Et les Gie produisent de faibles quantités. Donc, on les réunit en fonction de leurs productions et nous les acheminons vers de gros portefeuilles. Nous organisons ces femmes à pouvoir être des fournisseurs.

Et comment vous vous rémunérez ?
C’est plutôt comment les jeunes vont se rémunérer. Ils vont gagner des bénéfices partagés avec ces Gie. Un Gie qui fait 100 000 francs de chiffre d’affaires par mois, avec les outils que les jeunes vont utiliser pour valoriser et créer des réseaux de distribution, ces Gie vont tripler ou quadrupler leurs chiffres d’affaires et les jeunes vont pouvoir se rémunérer dessus. Nous, on pose le cadre qui permet au Gie et à la Start up d’avoir un partenariat gagnant-gagnant. On est en phase pilote. Mais on s’est dit que tant qu’on n’arrivera pas à ce que chacun des 5 éléments de la Start up puisse se faire 150 000 francs par mois, on n’aura pas encore atteint nos objectifs. Pour cette foire Biodialaw, nous sommes venus appuyer la Start up locale et dans notre stand, nous montrons un peu le chemin qu’on a parcouru avec le Gie. Et nos produits attirent, parce qu’il y a une différence entre ce qu’il y a sur le marché local et sur ce que nos produits locaux sont devenus en termes de compétitivité, parce qu’il y a une démarche commerciale derrière.

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