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Les cuves de diesel oil sont des installations classées, à ce titre, leur exploitation est soumise à l’autorisation du ministère en charge de l’Environnement. Pour Baba Dramé, s’il y a des activités clandestines, c’est parce qu’elles ne sont pas déclarées à l’Administration. Le directeur de l’Environ­nement propose de faire l’inventaire de ces sites qui existent pour voir s’ils sont exploités ou gérés conformément à la réglementation.

La prolifération de dépôts de vente de carburant dans une localité comme Mboro confinée dans une superficie de 310 ha, ne constitue-t-elle pas un danger public ?
C’est une situation qui est effectivement dangereuse. Le stockage du carburant est une activité qui est règlementée. C’est-à-dire, à partir d’une certaine quantité de stockage de carburant normalement, vous devez, soit faire une déclaration, ou bien faire carrément une demande d’autorisation d’ouverture et d’exploitation d’un site de vente d’hydrocarbures. D’ailleurs, il y a même un décret qui est sorti récemment, pour autoriser tout cela. Maintenant le problème, est-ce que ce sont des activités clandestines ? Quand je dis clandestines, c’est que souvent ce sont des activités qui ne sont pas déclarées à l’Administration. Parce que ce qui se passe la plupart du temps, ce sont les stations-services qui font l’objet de déclaration, mais d’habitude les lieux de vente clandestine sont des sites qui ne sont pas souvent déclarés à l’Administration. Mais je peux vous dire dores et déjà que ce sont des activités qui sont effectivement dangereuses parce que les hydrocarbures que ce soit le gasoil, le diesel ou l’essence sont des substances inflammables. Si ce sont des activités qui ne sont pas encadrées et suivies conformément à la réglementation, ça peut déboucher sur des accidents de types incendies avec tout ce que cela comporte comme conséquences pour l’environnement et pour les populations.

Pourtant c’est la Division régionale de l’environnement et des établissements classés qui fournit les agréments aux utilisateurs de diesel oïl ?
Si les activités sont autorisées par la Division régionale de Thiès c’est sur la base de la réglementation en vigueur. C’est pourquoi elles sont régulièrement suivies et surveillées par l’Administration, notamment la Division des installations classées. Et quand c’est suivi sur la base d’une autorisation d’ouverture et d’exploitation, il y a moins de risques. Mais maintenant si ce sont des activités qui sont ouvertes clandestinement alors là, il y a forcément problème.

Le président de la Répu­bli­que a récemment demandé au ministre de l’Intérieur de mettre en œuvre, en rapport avec le ministre de l’Environ­ne­ment, un plan national de recensement, d’audit et de sécurisation des dépôts de produits chimiques dangereux. Le diesel oil est un produit chimique et l’explosion d’un entrepôt contenant ce carburant a déjà fait 6 morts à Mboro. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Ce que le président de la République a pris comme décision en Conseil des ministres en demandant au ministère de l’Environnement et du développement durable de travailler ensemble pour mettre en place un plan national de recensement, d’audit et de sécurisation des sites de stockage des produits chimiques dangereux, c’est véritablement une décision préventive de l’autorité supérieure pour éviter que ce qui s’est passé à Beyrouth ne se produise pas ici au Sénégal. C’est un peu ça. Parce que le diesel est un produit chimique dont le stockage et la commercialisation sont règlementés. Et la règlementation et les décisions politiques évoluent en fonction des circonstances. Il peut arriver aujourd’hui, que l’on stocke des produits dans un lieu donné sans pour autant connaître tous les paramètres liés à ce produit. Et qu’un évènement malheureux arrive et nous démontre, effectivement, qu’il y a lieu de prendre en considération tel ou tel aspect. A partir de ce moment, les décideurs sont dans l’obligation de réajuster la réglementation pour prendre en considération les causes qui ont conduit à cette déflagration. C’est tout simplement cela. Maintenant cette décision du président de la République nous avons commencé à la mettre en œuvre parce que, pas plus tard qu’avant-hier, nous avons envoyé des correspondances au ministère de l’Intérieur pour que la commission nationale de protection civile puisse être réunie dans les plus brefs délais pour faire l’audit des sites. Parce que la majorité de ces sites de stockage de produits dangereux sont connus pour être des installations classées pour la protection de l’environnement. Dans le cadre de la procédure d’autorisation, d’habitude on a toutes les informations sur leur emplacement. Maintenant ce travail que le président de la République a demandé va tout simplement permettre de faire l’inventaire parce que certainement il y a des sites qui sont fermés. Et très souvent il peut arriver que des sites soient ouverts sans pour autant que l’Admi­nistration soit saisie. C’est l’occasion pour l’administration de faire l’inventaire des lieux pour avoir une idée très claire de la cartographie des sites qui existent et de voir si ces sites-là sont exploités ou gérés conformément à la réglementation sur la gestion des risques et des dangers liés à ces sites.

Mais est-ce que ce travail va concerner également la vente de diesel oil au niveau de la zone des Niayes ?
On n’a pas encore fait le cadrage. Parce que si ça doit concerner le diesel des Niayes, cela doit aussi concerner les stations-services de Dakar etc. On va normalement travailler avec le ministère de l’Intérieur pour faire ce qu’on appelle un cadrage. Ce cadrage-là va nous permettre d’identifier les produits chimiques et les types de sites qui sont concernés. Et c’est à partir de ce moment qu’on dira s’il faut prendre en compte les dépôts d’hydrocarbures au niveau des Niayes ou un autre site où on a le même produit.

Est-ce qu’une étude environnementale a été faite avant la délivrance des autorisations par le Dreec dans la zone des Niayes ?
Ce que je peux vous dire c’est que la réglementation est très claire. C’est-à-dire que quand on doit installer un dépôt d’hydrocarbures à partir d’une certaine quantité, on doit faire une déclaration. Maintenant il peut arriver, en fonction de la sensibilité du site et de l’ampleur des dangers, que l’Administration demande une évaluation environnementale. Cela peut être une analyse environnementale initiale, ça peut également être une étude d’impact approfondie. Donc, et c’est sur la base de ces études qu’on a une étude très claire de l’impact environnemental et social de ces activités mais également du danger encouru par les populations qui sont riveraines de ces sites. Et donc au moment de l’utiliser, si toutefois la procédure aboutit, le site est ok pour abriter l’infrastructure et on met sur l’autorisation toutes les instructions qui doivent être observées par l’exploitant y compris le plan de gestion environnemental et social qui est issu de ces études-là.

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