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Dans le cadre de sa mission de réduction des dépenses d’électricité dans le secteur public, l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (Aeme) a regroupé hier,  dans le cadre d’un Comité régional de développement (Crd), les autorités administratives et les élus locaux de la région de Dakar, afin de partager avec ces dernières les résultats du Programme d’analyse, de suivi et de réduction des dépenses d’électricité du secteur public (Sardel). En marge de cette rencontre, le directeur général, Biram Faye est largement revenu sur la pertinence d’un tel programme et son impact sur la facture publique d’électricité.

Avec la mise en œuvre du Programme d’analyse, de suivi et de réduction des dépenses d’électricité du secteur public dénommé Sardel, vous avez audité les polices d’abonnement du secteur public. Quel est aujourd’hui, l’état des lieux ?
Je voudrai préciser d’abord, qu’au niveau de l’Aeme, notre mission c’est la promotion de l’utilisation rationnelle de l’énergie, tous les types d’énergie et dans tous les secteurs d’activité. C’est une agence qui a été créée en 2011 dont  le travail a été effectif à partir de 2014. Conformément à cette mission, nous avons mis en place un certain nombre de programmes sur lesquels nous travaillons. Et le programme Sardel constitue un de nos programmes phares. C’est un programme qui vise la réduction de la facture publique d’électricité. On a procédé à un audit des 7 mille polices d’abonnements de l’administration du Sénégal, notamment l’administration centrale, l’administration décentralisée et les établissements publics à autonomie financière. Cet audit nous a permis d’identifier toutes les anomalies du secteur. Les anomalies sont classées dans deux catégories. Les anomalies d’ordre administratif et les anomalies d’ordre technique. Nous avons apporté des solutions à toutes les anomalies d’ordre administratif, parce que ce sont des corrections qui ne nécessitent pas d’investissement. Car, c’est souvent des démembrements de l’Etat qui quittent des locaux et oublient de résilier leur contrat ; des compteurs qui ne sont pas fonctionnels et des factures établies sur la base d’estimations… Nous avons corrigé toutes ces anomalies administratives et nous sommes en train de corriger les anomalies techniques. Pour cela, nous avons procédé à l’achat des batteries de  condensateur que nous sommes en train d’installer dans les bâtiments administratifs.

Quel est l’objectif qui vous a été assigné par rapport à la facture publique d’électricité?
La facture d’électricité de l’Etat  tourne autour de 30 milliards de francs Cfa dont 22 milliards de francs pour l’administration centrale. Le reste est réparti entre l’administration décentralisée et les établissements publics à autonomie financière. L’Objectif qui nous est fixé, c’est de faire économiser à l’Etat 10 à 15% dans le cadre de la facture publique d’électricité. A la dernière évaluation, sur trois mois seulement, octobre, novembre et décembre 2015, nous avons fait économiser plus de 450 millions de francs Cfa à l’Etat. A ce rythme, nous allons faire économiser à l’Etat plus d’1,5 milliards de francs Cfa par an, pour un investissement qui ne dépasse pas 200 millions de francs Cfa.

Quels sont les secteurs dans lesquels vous avez noté plus d’anomalies ?
Les anomalies existent dans tous les secteurs. Nous intervenons, comme je l’ai dit, dans tous les secteurs d’activité. Nous avons également un programme qui consiste à remplacer toutes les lampes à incandescence dans les ménages, environ 4 millions de lampes, par des lampes à économie d’énergie. Ce sont des lampes qui ont une durée de vie plus importante et qui ne consomment pas beaucoup d’électricité. Ce sera plus facile d’économiser que de construire des centrales. Ce travail que nous comptons réaliser dans le cadre de la diffusion de ces lampes à économie d’énergie dans les ménages équivaudra à construire une centrale de plus de 35 Mw. Ce sera des milliards qui seront économisés. Nous avons également mis en place un programme national d’information, de communication et de sensibilisation sur l’économie d’énergie. Nous comptons faire toute l’étendue du territoire national  pour aider nos compatriotes à comprendre et à appliquer l’économie d’énergie. Ce sera de l’argent qui pourra être utilisé dans d’autres secteurs dans le cadre de la famille comme dans le cadre de l’administration.

Vous voulez remplacer les lampes à incandescence par des lampes à économie d’énergie. Est-ce que vous avez prévu un système de recyclage de ces anciennes lampes ?
Bien sûr. On a prévu dans le cadre de l’Uemoa, un programme de 450 millions qui nous a permis de revoir tout le système d’éclairage de 32 bâtiments administratifs dont l’Assemblée nationale, le Conseil économique, social et environnemental, la Primature, les ministères des Affaires étrangères, des Finances, de l’Intérieur, entre autres. Tout le système d’éclairage de ces bâtiments a été revu et entièrement corrigé. Dans le cadre de l’Uemoa, nous avons un programme de recyclage de ces lampes. Ce même travail que nous faisons dans les ménages et l’administration, est en train d’être fait dans les industries.

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