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La commune de Labgar dans le département de Linguère a bénéficié des réalisations du Projet pistes communautaires du Programme national de développement local (Ppc/Pndl). Le maire de la commune a plaidé jeudi, lors de la revue à mi-parcours du Ppc/Pndl, pour une implication de la main d’œuvre locale dans la réalisation des pistes.

Vous êtes une des communes à avoir bénéficié du Ppc/Pndl. Comment cela s’est fait ?
Dans le cadre du Ppc/Pndl, on a eu le privilège de faire partie des communes bénéficiaires par la piste Linguère-Dodji-Lab­gar. Quand le processus a dé­marré, avec l’appui de l’Agence régionale de développement (Ard), on a eu à faire le nécessaire pour lancer le marché. Nous étions avec la commune  de Do­dji. Et les deux communes ne pouvant pas lancer en même temps le marché, on a porté notre choix sur la commune de Dodji qui était au milieu. Mais nous autres maires, avions comme rôle de soutenir le processus et de l’accompagner pour que toutes les conditions soient remplies et qu’on puisse lancer ce marché de moins de deux milliards de francs Cfa et dont la contrepartie a été fournie par l’Etat du Sénégal dans le cadre du Fonds d’équipement des collectivités locales (Fecl). La piste a été réalisée à près de 95%, parce qu’il reste quelques dalots et radiers à faire.

Qu’est-ce que cette piste a changé dans la vie des populations ?
Déjà, l’enclavement. Sur le plan économique, le marché hebdomadaire de Labgar reçoit plus de monde qu’avant. Du point de vue accessibilité,  les femmes et les jeunes commencent à fréquenter ce marché et vendent eux-mêmes leurs produits. Labgar est devenue au­jourd’hui, un hub dans le Ferlo. Les populations de Matam, Saint-Louis et Louga convergent toutes vers Labgar chaque mardi. C’est un marché de bétail important  et avec le foirail, le quai d’embarquement et le magasin d’aliment de bétail qui ont été réalisés par le Ppc/Pndl, les revenus des communautés augmentent.

Dans l’avenir, vous comptez travailler encore avec les autres communes, en intercommunalité ?
L’idéal, c’était de fractionner les marchés. Parce que le principe de la libre administration est un élément fondamental. Mais on a accepté qu’une seule collectivité locale porte tout le projet d’une piste de 65 km. Mais à mon avis, il serait préférable que chaque commune puisse avoir son autonomie, lancer son propre marché, en assurer l’exécution et le suivi et peut-être même, s’impliquer dans le cadre du recrutement de la main d’œuvre locale. Et dans le cadre de ce projet, ça a été un échec je l’ai toujours dit. Pour ce qui concerne la commune de Labgar, la main d’œuvre locale n’a pas été recrutée. Ça a été un manquement énorme.

Mais il y a des coopératives qui ont été mises en place pour gérer les infrastructures ?
Des coopératives ont été mises en place, ainsi que des comités de gestion. Mais aujourd’hui, reste l’effectivité de ces coopératives qui doivent prendre en charge les destinées de ces pistes. Ces pistes se dégradent rapidement et il va falloir qu’il y ait un entretien continu. C’est pourquoi, je lance un appel à l’endroit du programme de la Banque africaine de développement (Bad), du Fonds d’entretien routier (Fera) pour que le financement prévu pour les coopératives soit mis en place le plus rapidement possible et qu’il y ait l’implication de la collectivité locale et de tous les acteurs, en vue d’assurer une pérennité et une gestion durable de ces pistes communautaires qui constituent un facteur de développement. La commune elle-même n’a pas les moyens d’entretenir une piste de 65 km, c’est énorme.

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