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En visite le mercredi dernier dans la zone économique spéciale de Sandiara, Koichi Sato, Président directeur général de la société Tumiqui Japon, filiale de Sucrecube Japon Inc., a signé un protocole pour l’installation d’une entreprise de production d’énergie solaire et de télécommunications. Sandiara sera la phase pilote de ce projet qui permettra à 12 villages d’avoir de l’électricité et de se connecter pour vendre leurs produits.L’investisseur japonais a expliqué au journal Le Quotidien ce qui l’a poussé à s’installer dans cette zone.

Dans quel secteur d’activités évoluez-vous ?
Je suis le Président directeur général de Tumiqui Japon Sasu, filiale de Sucrecube Japon Inc., qui est la société mère japonaise. Nous intervenons dans les domaines de l’énergie solaire et des télécommunications. Nous apportons de l’électricité et internet dans les zones rurales non électrifiées d’Afrique, grâce à des unités mobiles solaires, contenant un module internet intégré.

Comment êtes-vous arrivé à vouloir investir à Sandiara qui n’est pas le coin le plus accessible du Sénégal ?

Sandiara est une zone qui est finalement assez bien située pour rayonner sur tout le pays, surtout avec l’autoroute à péage qui vient d’ouvrir .Ce qui fait que le déplacement ne pose plus aucun problème. L’autre raison qui fait que nous voulons investir dans cette commune, c’est  la Zone économique spéciale de Sandiara qui offre des avantages fiscaux particulièrement intéressants, mais avec plus de souplesse que celle de Diamniadio qui n’était calibrée pour une entreprise de notre taille. Enfin, l’argument décisif pour notre installation a été la philosophie, la vision et le point de vue de l’entrepreneur qui n’est autre que le maire de la commune,  Dr Serigne Guèye Diop. Nous partageons la même approche et compréhension de ce que nous voulons faire en matière d’investissement. En effet, c’est sa philosophie qui m’a marqué le plus et sans laquelle je n’aurais pas choisi Sandiara pour y installer notre société. Il connaît très bien les enjeux des entreprises, c’est un visionnaire. Il nous a permis de commencer à notre rythme et a fait preuve de beaucoup de souplesse pour les conditions d’installation de notre entreprise. Enfin, j’aime sa vision des choses concernant le développement de la Zone économique spéciale de Sandiara qui nous correspond totalement, car voulant avoir un impact sur différents secteurs tels que l‘environnement, l’éducation, la santé, l’agriculture, la sécurité entre autres.

Où en êtes-vous avec votre partenariat dans la sous-région ?

Notre projet consiste à intervenir dans le secteur du solaire et des télécommunications. Nous avons signé un «MOU» pour doter un certain nombre d’écoles et de postes de santé de notre équipement Tumiqui et ensuite développer un réseau de télécommunications, en collaboration avec la commune de Sandiara, pour permettre à la population de la commune et environs d’atteindre l’objectif d’un accès à 100% à l’électricité et à internet sur toute l’étendue de la commune. Nous allons installer notre usine d’assemblage, de maintenance et de réparation sur la Zone économique spéciale. Après cela, nous allons exporter dans toute la sous-région.
Nous avons également la volonté de participer au projet ambitieux de centre IT de haute technologie à Sandiara. Nous serons dans la formation et l’établissement d’entreprises dans les domaines de l’informatique, des télécommunications et des nouvelles technologies.

De tous les membres de la mission économique japonaise venue au Sénégal en février dernier, votre société est la seule à avoir posé des actes concrets. Cela veut-il dire que vous n’avez pas eu de difficultés pour commencer ?

Si, mais lancer nos activités a été un grand challenge. Néanmoins, ma volonté de soutenir la promesse de M. Nakatani, vice-ministre parlementaire chargé des Affaires étrangères du Japon, représentant de la mission japonaise venue au Sénégal, est plus forte que tout. Afin de soutenir les investissements japonais au Sénégal et renforcer les relations entre les 2 pays, je veux avancer concrètement mes activités. Il faut également souligner la différence de culture entre le Sénégal et le Japon qui n’a pas facilité les choses. Mais finalement, tout est rentré dans l’ordre et nous sommes très heureux de nous retrouver dans la commune de Sandiara pour concrétiser ce magnifique projet.

Quel est votre secret ? Avez-vous reçu un appui des autorités tant au Sénégal qu’au Japon ?

J’ai reçu plusieurs avantages et appuis. En tant que Japonais, j’ai déjà créé une première entreprise à l’étranger, en France, il y a 12 ans de cela. Donc, déjà l’expérience de créer une entreprise à l’étranger. Même sur le plan de l’environnement des affaires, le Sénégal est très différent de la France. J‘ai pu profiter de cette expérience en France qui m’a beaucoup servi  pour  mieux avancer ici au Sénégal. J’ai toujours mis l’accent sur le fait de travailler en partenariat avec les populations locales pour bien comprendre la culture et la façon de faire le business au Sénégal. Je suis venu au Sénégal  plusieurs fois pour comprendre la réalité du terrain et j’ai installé une équipe sur place. En tant que start-up, nous sommes aussi plus mobiles et plus résilients aux risques que les grands groupes. C’est pourquoi nous pouvons lancer nos activités au Sénégal même en ces temps difficiles. J’ai bénéficié d’appuis au Japon tels que celui de M. l’ambassadeur du Sénégal au Japon, M. Ciss, du ministère des Affaires étrangères au Japon, de la Jica. Et côté Sénégal, l’appui de l’Onudi avec Mme Ndiaye, spécialement en charge des Entreprises japonaises au Sénégal, qui nous a présenté au maire de Sandiara Dr Serigne Guèye Diop qui nous a, à son tour, beaucoup aidé. Il y a aussi l’appui de M. l’ambassadeur du Japon au Sénégal, M. Arai, le ministère de la Santé et de l’action sociale du Sénégal.

Enfin, quel est l’impact du Covid-19 dans votre entreprise ? Quelles mesures avez-vous pris contre la pandémie ?

Le fret et les déplacements internationaux ayant été interrompus à cause de la pandémie du Covid-19, nous avons dû nous adapter et avancer sur d’autres aspects du lancement de nos activités. Certes nous avons pris du retard sur la construction de l’usine d’assemblage ici à Sandiara, mais nous avons quand même  pu avancer sur les levées de fonds au Japon, et d’autres activités administratives au Sénégal telles que l’installation à Sandiara, le suivi de l’installation de 10 unités Tumi­qui dans quelques postes de santé au Sénégal.
Ce n’était pas facile, mais même en temps de Covid-19, nous avons su faire preuve de résilience et nous adapter pour poursuivre nos activités. Il y a également le fret et les déplacements internationaux qui ont  été interrompus durant cette maladie pendant un certain temps. Nous avons dû nous adapter et avancer sur d’autres aspects du lancement de nos activités.

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