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Le président du Fopits, Racine Sy.

La Fédération des organisations patronales de l’industrie de l’hôtellerie et du tourisme du Sénégal (Fopits) a soumis hier, au nouveau directeur général de l’Agence nationale de promotion touristique (Anpt), les préoccupations de ses membres, dont les difficultés liées à l’accès au crédit hôtelier.

Le ministre du Tourisme et des transports aériens annonçait samedi dernier, à l’occasion du lancement de la 2e édition de la Semaine du tourisme interne en Casamance, que 8 dossiers d’un montant de 637 millions de francs Cfa ont été validés, et dans dix jours les conventions de financement concernant le crédit hôtelier seront signées. Aussi, avait ajouté Maïmouna Ndoye Seck, «11 autres dossiers dont 3 qui concernent des entreprises installées en Casamance sont en étude pour un montant de 667 millions 756 mille 743 francs Cfa».
Mais cette annonce n’emballe pas trop la Fédération des organisations patronales de l’industrie de l’hôtellerie et du tourisme du Sénégal. Recevant hier le nouveau directeur général de l’Agence nationale de promotion touristique (Anpt), Mouhamadou Bamba Mbow, le Fopits  a indiqué qu’ils y a encore des efforts à faire par rapport à ce crédit hôtelier. «Nos collègues nous ont fait part des difficultés qu’ils ont par rapport à la mise en disposition des fonds, notamment des garanties qui sont demandées. Le crédit hôtelier ne doit se comporter comme une banque classique, c’est-à-dire avec des garanties qui ne sont pas à la portée de tout le monde. Tout le monde sait que nous avons des difficultés. Nous sortons d’un sinistre extrêmement important et il faut alléger le plus possible les conditions d’accès au crédit hôtelier en n’imposant pas un certain nombre de critères qui rendent en réalité ces ressources inaccessibles», plaide Racine Sy. Le président du Fopits considère que c’est l’une des grandes préoccupations de leurs collègues et ils vont la relayer auprès de la tutelle.
Le crédit hôtelier devait être doté de 5 milliards de francs Cfa. Mais aujourd’hui, il n’est alimenté qu’à hauteur de 2,5 milliards de francs Cfa. Les membres du Fopits estiment que c’est insuffisant, alors que leurs attentes sont grandes par rapport à ce crédit.
En ce qui concerne la promotion de la destination, ces acteurs du tourisme ont encore invité l’Etat à une réorientation de sa politique, parce que le monde évolue.  «Il ne s’agit pas de dépenser un milliard pour être présent dans un salon et de distribuer mille prospectus, mais de savoir après avoir vendu la destination combien d’articles ont été écrits sur le Sénégal. Ce que nous oublions toujours de faire, c’est d’évaluer l’impact de ce que nous faisons en termes de promotion. Il faut qu’on sorte des sentiers battus. Maintenant, la place est au digital. Il ne s’agit plus de coller des affiches dans des abris, bus ou dans des métros à Paris. C’est des concepts complétement dépassés», analyse le patron des patrons du secteur. Pour lui, «dans la communication, les besoins et les ressources humaines doivent être mis en adéquation. Je pense que le Dg de l’Agence l’a bien compris et il aura le soutien du patronat pour aller dans cette voie». Le Fopits invite aussi le Dg de l’Anpt à avoir en bandoulière le fait que l’Agence est un outil au service  du secteur privé. En effet, explique M. Sy, «c’est le secteur privé qui investit pour construire des hôtels, crée des emplois, de la valeur ajoutée et qui s’endette. S’il n’y avait pas d’acteur privé, il n’y aurait pas d’agence». Et cet appel ne semble pas tomber dans l’oreille d’un sourd. Mouhamadou B. Mbow entend ne ménager aucun effort pour cheminer avec le secteur privé dans le cadre de la mise en œuvre de sa feuille de route.
dialigue@lequotidien.sn

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