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Attendu après-demain dans la région de Ziguin­chor, le Président Macky Sall tentera de consolider les acquis pour le retour définitif de la paix dans la région méridionale du Sénégal dont le développement est ralenti par 35 ans de conflit.

Le Président Macky Sall est attendu ce vendredi en Casamance pour une visite de quatre jours dans la région de Ziguinchor, après un passage à Kolda où il va inaugurer plusieurs infrastructures à quatre mois de la Présidentielle. Il a toujours montré son attachement au retour de la paix dans cette partie sud du pays. Cette volonté politique, nonobstant l’épisode de la tuerie de Bofa-Bayotte  (14 morts), est escortée par la forte accalmie notée ces dernières années un peu partout en Casamance. Selon le maire de Djignaky, cette «dynamique, à l’actif du Président Macky Sall, laisse augurer de lendemains meilleurs au niveau de cette région» déchirée par plus de 35 ans de conflit. Aujourd’hui, la renaissance de cette commune, située dans le département de Bignona, est le symbole de la pacification soutenue de cette zone qui brille de potentialités. Elle connaît désormais un niveau de stabilité élevé, contrastant avec la situation d’il y a quelques années, car elle a payé un lourd tribut en voyant 13 des 25 villages qui la composent être délocalisés dans la «Zone des palmiers» durant les moments très chauds de la guerre.
Jadis sanctuaire rebelle et réputée zone de non-droit, elle vivait dans une quasi-autonomie, interdite presque depuis trois décennies aux Forces de sécurité et aux étrangers. Une contrée située à une dizaine de kilomètres de la Gambie et qui polarise plusieurs cantonnements rebelles dont celui de Diakaye où a longtemps régné en maître le chef rebelle Lamarana Sambou, qui a déposé les armes pour s’adonner à d’autres activités. Enclavée, elle manquait de tout avec des populations qui vivaient dans la misère. A la faveur de l’accalmie, des réalisations et toute une palette de projets/programmes sont mises en branle par les nouvelles autorités étatiques pour tenter d’atténuer les souffrances de ces populations.
En attendant la paix définitive, le maire de Djignaky ne boude pas son plaisir : «Tout le monde aujourd’hui constate que plus qu’une accalmie, c’est vraiment la paix ici, car l’accalmie par essence est éphémère ; par nature, elle n’est pas durable. On peut donc oser dire qu’on est dans la paix en ce qui concerne la zone de Djignaky.» Moustapha Lô Diatta revoit la zone revivre comme si de rien n’était. Il dit : «Aujourd’hui, les activités reprennent dans la commune et l’école constitue d’ailleurs un indicateur fondamental de cette renaissance.» D’après le ministre délégué chargé de l’Accompagnement et de la mutualisation des organisations paysannes, l’école ne peut fonctionner dans un climat d’insécurité et d’instabilité. «Et ces dernières années, les 26 établissements scolaires et les 12 écoles préscolaires que compte la commune de Djignaky fonctionnent normalement avec des résultats qui suivent également. L’année scolaire écoulée, Djignaky est classée 2ème au niveau de l’Ief 2 de Bignona, 1ère à son tour au niveau régional. Preuve que nous sommes dans la paix, que nous vivons la paix dans cette contrée où nous observons la reprise de toutes les activités», insiste M. Diatta.
imane@lequotidien.sn

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