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Le ministre de l’Environnement et du développement durable, Mame Thierno Dieng, a présidé hier à Thiès, le premier atelier national de partage du Code forestier, qui a regroupé de hauts fonctionnaires de l’Etat du Sénégal. Une occasion pour lui d’annoncer que l’Etat projette d’équiper les services forestiers de drones pour surveiller la forêt. Et ceci, sans compter les nouvelles orientations inscrites dans le décret d’application du nouveau Code forestier qui durcissent les peines.

«L’Etat projette d’équiper les services forestiers de drones pour surveiller la forêt.» L’annonce a été faite par le ministre de l’Environnement et du développement durable, Mame Thierno Dieng, au cours de la cérémonie officielle d’ouverture du premier atelier national de partage du Code forestier. «Il est illusoire de vouloir surveiller toute la forêt par voie terrestre. C’est pourquoi il est nécessaire de doter les agents des Eaux et forêts de moyens aériens pour surveiller la forêt. Et la question des drones est projetée pour contribuer à la surveillance de la forêt», dit M. Dieng. Et ceci, sans compter, poursuit-il, «le recrutement de plus en plus d’agents des Eaux et forêts pour combler le déficit de moyens chroniques de ce service». Déjà, se réjouit-il, «ces deux dernières années des efforts très appréciables ont été faits en termes de mobilité. 40 véhicules ont été dotés par ce dit service pour équiper les agents».
Revenant sur l’atelier, qui a regroupé une trentaine de responsables des services forestiers centraux et déconcentrés de toutes les régions du Sénégal, de même que des acteurs judiciaires, au Centre Forêt de Thiès, le ministre signale qu’il s’agit de partager avec eux, le contenu des nouvelles orientations et dispositions du nouveau Code forestier promulgué en janvier dernier par le président de la République. Aussi, il a passé en revue la nouvelle politique de répression liée aux infractions forestières, les modalités de mise en place et d’utilisation des Fonds et le problème du recouvrement des amendes et pénalités. Selon Mame Thierno Dieng, «le nouveau Code forestier a été révisé, puis voté en novembre 2018, suite aux douloureux évènements dans la forêt classée de Boffa Bayotte située de la commune de Boutoupa Cama­racounda, où 13 jeunes hommes partis à la recherche de bois en forêt, avaient été tués et six autres grièvement blessés. Nous avons tous vécu dans nos chairs les images insoutenables de ce drame». Ainsi, poursuit-il, «sur instruction du chef de l’Etat, le Code forestier qui est un dispositif législatif et réglementaire pour le développement forestier devait être révisé pour s’adapter davantage aux réalités du terrain et au contexte sous régional, régional et mondial». Mais, également, «la restriction de l’exploitation du bois à la seule région de Tambacounda». Une nouvelle loi qui, selon le ministre de l’Environnement, a durci les peines contre la coupe illicite de bois. «C’est ainsi que les peines privatives de liberté ont été rendues plus sévères. Le minimum qu’on risque maintenant c’est 4 ans de prison. Et les peines financières ont été également relevées de 10 à 30 millions de F Cfa.» Mieux, ajoute-t-il, «nous avons rendu les peines plus effectives en supprimant le sursis pour certains délits. Mais aussi nous les avons encadrées en supprimant la transaction financière pour certains délits et nous avons rendu l’application plus vaste». A ce titre, le ministre félicite «tous ceux qui ont contribué à l’aboutissement de cette loi et tous ceux qui se sont donné les moyens physiques et parfois au prix de leur vie pour protéger la forêt. Surtout le service des Eaux et forêts qui atteint ses résultats de façon presque miraculeuse parce que dépourvu de moyens humains et matériels». Non sans signaler que si le problème du trafic de bois est «si difficile à résoudre, c’est parce qu’il y a une dimension extraterritoriale. C’est que tout simplement ceux qui coupent le bois traversent la frontière et trouvent des receleurs en Gambie. Mais ce n’est pas un défaut d’éducation ni une insuffisance de volonté mais il y a ce problème que nous ne maîtrisons pas comme nous le souhaitons». Mais, fera-t-il noter, «aujourd’hui, à l’échelle nationale, tout le monde est conscient du danger que représente le trafic illicite de bois». Dans son speech, il a tenu à faire un plaidoyer pour la préservation de la forêt. Il dit : «Il est incontestable aujourd’hui que l’effet de mode fait que les gens ne parlent que de pétrole et de gaz mais je peux vous rassurer que ces ressources ne sont pas plus importantes que la forêt parce que ce sont des énergies dites fossiles qui sont destinées à être épuiser. La forêt, elle, est éternelle.»
nfniang@lequotidien.sn

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