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Les trafiquants d’espèces protégées ont du souci à se faire avec les Forces de sécurité qui ne badinent pas avec ce fléau. 780 pièces d’ivoire ont été saisies, mardi dernier, au marché artisanal de Soumbédioune. Les présumés trafiquants et leurs complices sont placés en garde à vue au Commissariat central de Dakar.

La lutte contre le trafic des espèces protégées continue de produire des résultats. Mardi dernier, le marché artisanal de Soumbé­dioune a servi de cadre à la saisie de 780 pièces d’ivoire, «soit 20 kg dont de l’ivoire brut, des dents d’hippopotame, des dents de lion». Des espèces qui sont «toutes intégralement et farouchement protégées pour leur disparition alarmante en milieu naturel et définitive d’ici 20 ans si ce commerce illégale ne prend pas fin immédiatement», renseigne un communiqué du projet  Wara-Salf rendu public hier.
La Sûreté urbaine a mis la main sur les 780 pièces d’ivoire grâce à la collaboration des agents de la direction des Eaux et forêts et du projet Wara-Salf. Ces éléments de la Police nationale et leurs collaborateurs «ont procédé à deux (2) opérations d’arrestation simultanées de flagrant délit de détention, commercialisation illégale de faune sauvage. Le résultat (a) abouti à l’interpellation de deux présumés trafiquants et leurs complices pour trafic et commerce illégal international de contrebande d’ivoire d’éléphant, hippopotame, phacochère (403 pièces de phacochère) et dents de lion».
Les personnes interpellées, au nombre de cinq (2 présumés trafiquants et leurs complices), sont placées actuellement en garde à vue au Commissariat central. Une confirmation «des infractions» pourrait entraîner, indi­que-t-on, une condamnation de ces trafiquants à un an de prison ferme.
Par ailleurs, le projet Wara-Salf souligne que «l’objectif de ces arrestations est de donner un signal fort aux trafiquants quant à la volonté de l’Etat sénégalais de mettre fin à ce commerce illégal pour assurer la survie des espèces et combattre le crime organisé».

«Plus de 20 milliards de dollars par an»
Le commerce illégal de l’ivoire, qui est extrêmement lucratif, rapporte, note-t-on, «plus de 20 milliards de dollars par an, implique des membres du crime organisé et est lié aux autres types de trafic comme la drogue, les armes, le blanchiment». Et les auteurs du communiqué d’insister sur l’ampleur du phénomène en indiquant que les mouvements terroristes comme Al shaabab, les Jenjawids, Boko haram, des «pivots du trafic d’ivoire en Afrique, traquent inlassablement les éléphants par centaines pour se financer avec l’ivoire». Un ivoire qui «fournirait environ 40% des fonds nécessaires au groupe Al shaabab pour se maintenir en activité et déstabiliser l’Afrique de l’Est et du Centre».
Plus grave encore, ces mêmes mouvements terroristes constituent une préoccupation pour le Sénégal, un pays qui est actuellement «en phase de renforcement de sa sécurité sur l’ensemble du territoire». Un souci qu’on retrouve aussi au niveau d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Puisque l’on indique qu’«au Mali, un cinquième des éléphants a été tué pour alimenter le trafic d’ivoire depuis début 2015. Et selon la Minusma (Mission de maintien de la Paix de l’Onu au Mali), cette recrudescence est liée aux activités des groupes djihadistes dans le pays».

mdiatta@lequotidien.sn

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