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Binetou Konaté peinait à joindre les deux bouts. Pour régler ses problèmes d’argent, elle avait accepté de devenir une mule. Elle devait transporter de la cocaïne de la Guinée vers le Sénégal moyennant 1500 dollars. Arrêtée et placée sous mandat de dépôt pour trafic international de drogue, elle répondait hier de ce chef devant la Chambre criminelle du Tribunal de Dakar.
Dans sa version des faits, elle a invoqué la conjoncture pour justifier ses agissements.  «J’étais malade et je devais subir une intervention chirurgicale qui me revenait à 800 mille francs Cfa. Je ne savais pas où trouver un tel montant. Un jour, j’ai fait la connaissance d’un ressortissant nigérian.  Il m’a remis 3 préservatifs qui étaient remplis de poudre blanche. J’ignorais que c’était de la drogue. Il m’a suggéré de les mettre dans mon slip et de les transporter à Dakar moyennant 1 500 dollars», dit-elle. Espérant qu’elle ne pouvait pas trouver meilleure opportunité pour se soigner, elle n’a pas craché sur la proposition.

10 ans travaux forcés requis
«Je devais transporter une quantité de 530 grammes d’héroïne de la Guinée à Dakar. Pour y parvenir, j’ai dispersé cette drogue dans 3 préservatifs avant de les dissimiler dans mes parties intimes», a-t-elle avoué. Une belle façon de se contredire. Ce qui a amené le Parquet à soutenir qu’il y a une entente et une association de malfaiteurs établies au préalable. «Binetou Konaté savait bel et bien ce qu’elle faisait. Le trafic international ne fait l’ombre d’aucun doute. Et, les difficultés financières ne sauraient atténuer la peine», prévient la représentante du ministère public qui a requis 10 ans de travaux forcés à l’encontre de la ressortissante guinéenne.
L’avocat de la défense a quant à lui invité la chambre à psychanalyser la personnalité de cette pauvre dame. «On ne conteste pas la détention mais elle a accepté naïvement de transporter de la drogue de la Guinée jusqu’au Sénégal par détresse moyennant la somme de 1500 dollars à cause de ses problèmes financiers», dit-il.
A l’en croire, sa cliente s’est repentie et a pris l’engagement de ne plus refaire son acte. «Vous n’avez pas affaire à un malfaiteur mais à une pauvre dame qui était dans des difficultés», rajoute la robe noire qui a demandé de requalifier les faits en offre et cession et de la faire bénéficier une application bienveillante de la loi. Elle sera située sur son sort le 18 septembre prochain.
justin@lequotidien.sn

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