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Dans la nuit du 12 au 13 janvier 2015, une quantité de drogue d’une tonne avait été saisie par des gendarmes à Petit Mbao. Le produit prohibé provenait du Mali. En effet en décembre 2014, la Section de recherches avait été informée de l’arrivée imminente d’une cargaison de drogue. Une filature est vite mise en place depuis la frontière entre les deux pays. A Dakar, un dispositif avait été mis en place pour mettre hors d’état de nuire «les trafiquants». Une équipe a été chargée de la surveillance et de l’interpellation. L’autre veillait à la protection des éléments, qui étaient prêts à entrer en action. Alors la fouille effectuée aux environs de 20 heures sur le camion a confirmé les renseignements reçus par les pandores. Les enquêteurs ont découvert que la drogue a été dissumilée dans un double-fond aménagé spécialement pour la circonstance. Les gendarmes procèdent systématiquement à l’arrestation du chauffeur, Mohamed Coulibaly, et de son apprenti, Ousmane Sangaré.
Selon les enquêteurs, le destinataire du nom de Alioune Badara Thiam a profité de l’obscurité pour passer entre les mailles du filet. Au cours de l’opération, une fourgonnette sans plaque d’immatriculation a été saisie. Elle était censée récupérer la drogue, d’après le procès-verbal. Son propriétaire, Yoro Dia, a été appréhendé sur le coup au même titre que les deux Maliens. Mais aussi son compagnon, Djido Sangaré. Et Youssoupha Dieng, qui a été désigné par les gendarmes comme le guetteur, a été également arrêté. Hier, ils se sont expliqués devant le juge de la Chambre criminelle. «Je suis allé chercher des cartons pour mon poulailler», a avancé Djido Sangaré. Youssoupha Dieng, qui avait été trahi par la Sonatel par ses multiples communications avec le fugitif, a tout nié. Quant au chauffeur et son apprenti, ils disent qu’ils ne savaient pas au moment où ils prenaient la voiture à Kayes que celle-ci contenait de la drogue. Mohamed Coulibaly a soutenu qu’ils avaient été mandatés pour venir prendre du ciment à la Sococim. «Il est constant qu’une tonne a été introduite sur le territoire en violation des lois du pays. Il y a eu transport international. Il y a exportation et importation puisse cette drogue était destinée à Alioune Badara Thiam. Il s’agit d’une affaire concernée. Une attente où chacun avait une tâche qui lui a été minutieusement confiée», argue l’Avocat général. Ainsi le ministère public estime que les crimes d’association de malfaiteurs et de trafic international ciblés dans ce dossier sont établis. Il a rappelé avec ironie le passé pénal de Youssoupha Dieng (6 condamnations) qui, selon lui, a signé un Cdi avec la délinquance. Il a requis une peine de 20 ans à son encontre. Ainsi qu’une amende de 10 millions de franc Cfa. Il a retenu la même chose pour Mohamed, Ousmane et Djido. Considérant Yoro Dia comme un «délinquant primaire», il a demandé 10 ans de travaux forcés avec 5 millions de francs Cfa d’amende. Le maitre des poursuites a également exhorté la chambre à prononcer une interdiction de séjour contre les Maliens.
Dans sa plaidoirie, la défense a d’emblée sollicité l’acquittement de tous les inculpés. Pour elle, «la preuve n’a pas été rapportée qu’il y a eu entente sachant qu’ils ne se connaissent pas». Selon les avocats, le chauffeur suppléant a été utilisé pour transporter de la drogue. Donc, poursuivent-ils, «on ne peut pas sur la base de simples suppositions, de déduction pour entrer en voie de condamnation. Il faut des éléments de preuve». Délibéré le 16 octobre.
msakine@lequotidien.sn

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