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Quelque trente agents du service des Eaux et forêts, de la Direction des parcs nationaux, de la Direction des aires marines communautaires protégées et des autres corps des forces de défense et de sécurité, notamment la gendarmerie et la police, impliqués dans la lutte contre l’exploitation forestière clandestine, étaient en conclave dans la Cité du Rail. Une session de formation de deux jours initiée par le Ministère de l’Environnement et du développement durable (Medd), en relation avec l’Union européenne, visant à mieux outiller les agents du Medd et des autres corps de défense et de sécurité, afin qu’ils puissent connaitre l’ensemble des moyens procéduraux qui pourront leur permettre de faire face à la «délinquance verte». La pertinence d’une telle approche repose en effet sur le constat fait que, remarquent les séminaristes, «le Sénégal traverse une période de mutation dans les formes de trafic international des produits forestiers, notamment le bois et la faune. Un état de fait gangréné par la crise qui sévit au Sud du pays avec comme corollaire l’exploitation clandestine et transfrontalière des ressources forestières  et des parcs nationaux, ce avec des enjeux complexes». Ainsi, les agents des eaux et forêts en charge des activités de contrôle et de police, conduisent des actions concertées en synergie avec les autres forces de défense et de sécurité. Toutes raisons, selon le conseiller technique n°2 du Medd, Bouna Manel Fall, de la tenue de cet atelier de renforcement des capacités du personnel du service des Eaux et forêts et des autres éléments des forces de défense et de sécurité impliqués dans la lutte contre l’exploitation clandestine qui devient une priorité absolue. L’objectif étant d’améliorer la maîtrise, par lesdits agents, des normes techniques en matière de contrôle et de police forestière. «L’atelier permettra aux agents de se familiariser avec les techniques d’investigations criminelles et autres éléments de procédure, de sorte que les infractions qui seront commises contre l’environnement, où plus précisément contre la législation relative à l’environnement, puissent être sanctionnées de manière efficace tout en respectant la procédure, afin qu’il y ait une absence de nullité», explique Bouna Manel Fall. Il évoque les enjeux, «d’abord juridiques, parce que nous sommes dans le prolongement de l’actualisation du Code forestier suite à l’actualité sur le trafic illicite de bois», aussi «d’ordre éthique et moral», également «économique». A ce titre, le conseiller technique renseigne qu’au «plan international, cette question des atteintes à l’environnement représente 30% du marché mondial et en termes de chiffres nous avons entre 70 et 213 milliards de dollars que ce trafic illicite génère». Pour dire, d’après lui, qu’au «plan juridique éthique et économique, nous sommes en face d’une vraie question, et l’atelier d’aujourd’hui permet de saisir en fait l’ensemble des moyens procéduraux qui pourront permettre de traquer cette délinquance verte, cet éco-mafia qui a pris les contours d’un crime organisé de par ses méthodes et par l’amplitude des atteintes à ce patrimoine commun».
Pour sa part, le chef du Projet d’appui institutionnel au Medd, un programme financé par l’Union européenne, Noujoud-Asia Ghemri, devant le procureur près du Tribunal de Grande instance de Thiès, a salué «la bonne coopération entre les services et le département judiciaire sur la sécurité nationale et la défense et le ministère de l’Environnement et du développement durable». Et de noter qu’il «y a un besoin de faire des formations renforcées à l’intention des agents du Meed pour faire face à ces bandes armées, ce aussi bien du côté sécuritaire que celui juridique».
nfniang@lequotidien.sn

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