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Des reporters de la presse en ligne en train de rédiger leurs articles.

Depuis plusieurs années, le Mali et d’autres pays du Sahel vivent dans la tourmente et l’angoisse perpétuelle d’attaques extrémistes et des terroristes. Au Nigeria et dans d’autres pays du continent, il y a régulièrement des confrontations religieuses. Tandis qu’au Sénégal, les gens baignent dans un semblant de stabilité. Semblant de stabilité, puisque pour le Professeur Bakary Sambe, aucun pays n’est à l’abri. «Aucun pays n’est épargné par ce phénomène. Même les pays les plus outillés en matière de sécurité et de renseignement sont constamment frappés par ce phénomène. Nous sommes devenus une communauté internationale des vulnérables aussi bien à Gao, Tombouctou, Grand Bassam, Paris, New York, Bruxelles…», a-t-il dit hier. C’était à l’ouverture de l’atelier de formation organisé à la Fondation Konrad Adenauer sur le traitement de l’extrémisme violent. Cette rencontre était exclusivement destinée aux journalistes de la presse écrite. Initiée par Timbuktu, l’institut qu’il dirige, en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, cette formation a porté, entre autres, sur les aspects méthodologiques, approches de la question de l’extrémisme violent, concepts et précautions terminologiques et déontologiques, le traitement de l’information sensible : éthique et professionnalisme face au phénomène du terrorisme, la crise sahélienne et l’extrémisme violent : approche critique des stratégies de lutte et enjeux de la prévention ainsi que les stratégies de prévention de l’extrémisme et les bonnes pratiques dans le Sahel…
Cette formation visait surtout à renforcer la capacité des journalistes de la presse écrite dans le traitement d’information relative à l’extrémisme violent à l’heure où les menaces viennent de partout et au vu de «l’important» rôle que ces hommes et femmes de médias jouent dans la sensibilisation, l’éducation et la formation de l’opinion publique. «Le Sénégal n’est pas une île dans la mouvance des temps et il n’est pas exclu que certaines tendances existant sous d’autres cieux y prennent pied. Il est d’une extrême importance d’être vigilants et de prendre les devants afin que le Sénégal ne connaisse jamais des situations comme certains pays de la sous régions», a noté Ute Bocandé, directrice de la Fka. Pour elle, comme pour Bakary Sambe, il est urgent de pousser la réflexion autour du traitement de «ces délicates questions» que sont l’extrémisme violent et le terrorisme. Surtout que, rappelle M. Sambe, certains ont tendance à oublier ce rôle d’éducation des masses déterminant pour la sécurité et la stabilité du Sénégal. «On n’a jamais vu une kalachnikov défaire une idéologie. Ce qui se passe dans la tête des gens ne peut être combattu que par les idées, que par les contre-discours, et par la sensibilisation et la prévention. Et c’est justement sur ce point précis que l’apport, le soutien et l’accompagnement de la presse est très utile pour que nos jeunes soient sensibilisés, que l’opinion soit informée juste et vrai et que nos décideurs comprennent cet enjeux énorme qu’est le phénomène d’extrémisme violent», a-t-il mentionné face à des journalistes très réceptifs.

Importance de l’information préventive
Mamadou Kassé, enseignant au Cesti, a pour sa part partagé avec les jeunes reporters son expérience et son vécu. Il a également défini le comportement à adopter dans le traitement de ce genre d’information, non sans souligner la nécessité d’édifier l’opinion face aux nouveaux défis et enjeux. «Ce ne sont pas les armes qui vont faire la guerre. Ce sont les hommes et les hommes, ce sont les idées. On ne peut pas assurer une paix durable si on ne fait pas travailler nos méninges. En tant que gérant de l’opinion nationale et internationale, on n’est pas seulement là pour collecter et traiter l’info. Nous sommes l’axe nodale de la communication sociale», a-t-il dit. M. Kassé, comme le représentant du ministre de la Culture et de la communication, Mamadou Kanouté, ont jugé important que les journalistes se familiarisent avec ces questions afin de participer à la démocratisation de «nos sociétés». «Nous ne devons pas être en reste, puisqu’aujourd’hui nous sommes traversés par des menaces de toutes sortes… Il nous faut nous dresser contre tous ces apports qui pourraient déstabiliser notre société… L’information préventive est une arme de dissuasion massive.»
aly@lequotidien.sn

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