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«…poursuivre la gratuité de la chimiothérapie…» Cette directive donnée par le président de la République, Macky Sall, lors du Conseil des ministres du mercredi 7 octobre 2020 fera un baume de soulagement pour certains malades du cancer. Mortelle et onéreuse, cette maladie ne fait que prendre de l’ampleur au Sénégal avec son décompte macabre sans oublier la paupérisation dans laquelle elle jette les familles des personnes malades.
D’après le communiqué du Conseil des ministres, «le président de la République, au sujet de la protection sociale à travers l’accentuation de la lutte préventive contre le cancer, a invité le ministre de la Santé à soutenir le déploiement national de l’initiative «Octobre Rose». Il a rappelé la nécessité de poursuivre la gratuité de la chimiothérapie pour ce qui concerne les cancers féminins et insisté sur la nécessité de veiller, dans le Plan d’investissement Santé 2020-2024, au renforcement significatif des équipements de dépistage des cancers et de radiothérapie. Il a, dans cet élan, demandé au Gouvernement d’accélérer la construction du Centre national d’oncologie, à Diamniadio, en relation avec la coopération coréenne». Au-delà du malade, cette mesure constitue une vraie bouffée d’oxygène pour les familles des personnes sous chimiothérapie.
Qu’est-ce que la chimiothérapie ? La chimiothérapie est l’usage de certaines substances chimiques utilisées pour le traitement du cancer. C’est une technique de traitement à part entière au même titre que la chirurgie ou la radiothérapie.
Cependant, la cherté de la prise en charge des maladies sous les cures de chimiothérapie est connue de tous. «La difficulté principale de nos malades c’est de pouvoir faire leur chimiothérapie qui coûte cher, après avoir fait la chirurgie, quelques bilans, un peu d’hormonothérapie», informe le Secrétaire général de la Ligue sénégalaise contre le cancer (Lisca), Mansour Niang, dans un entretien avec l’Aps.
Le cancer, qui était au début considéré comme «la maladie des personnes nanties», a aujourd’hui atteint les couches les plus défavorables. Les causes de sa propagation sont la plupart du temps inconnues des malades, de leurs proches et parfois du corps médical même.
En attendant la livraison du Centre national d’oncologie de Diamniadio, l’Institut Joliot-Curie de l’hôpital Aristide Le Dantec reçoit chaque jour des centaines de personnes. Si certains s’y rendent pour des consultations parfois tardives, d’autres y vont pour suivre des cures de chimiothérapie. On y rencontre non seulement toutes les tranches d’âge, mais également toutes les couches sociales.
A travers ces cures de chimiothérapie, c’est une lutte farouche contre la mort qui est lancée. Et la majeure partie perdent le combat. Si pour certains, la cause de leur mort est la conséquence d’un dépistage tardive, pour d’autres, c’est la cherté des médicaments.
La prise en charge thérapeutique et diagnostique du cancer est trop onéreuse. Une boîte de médicament peut coûter entre 400 000 F Cfa et 500 000 F Cfa. Alors qu’une seule cure de chimiothérapie peut prendre beaucoup de boîtes parce qu’administrée en plusieurs prises. Selon les spécialistes, «la durée, le nombre, la fréquence et l’intensité des cures de chimio dépendent du type de cancer, de l’objectif poursuivi et de la réponse du corps à ce traitement. Celle-ci est régulièrement évaluée et mesurée par des examens médicaux ou autres, afin, si nécessaire, d’adapter le traitement, voire d’en changer.» Entre deux cures, une période de repos est prévue pour permettre aux cellules saines de récupérer. Ce qui exige une alimentation saine et régulière.
D’après le Directeur de l’institut Joliot-Curie, Mamadou Diop, «quand vous avez des médicaments qui coûtent 400 000F Cfa ou 500 000 F Cfa la boîte, nous n’osons même pas dire à la personne que pour se traiter, il faut aller acheter cette boîte qui coûte excessivement cher, et qu’elle doit l’acheter chaque mois. L’Etat doit subventionner ces médicaments de manière substantielle. Ce qui nous permettra d’avoir la liberté de les prescrire».
Au regard de ce qui précède, nous adressons nos remerciements au président de la République pour ces mesures importantes qui permettront aux malades du cancer de se soigner dans les meilleures conditions et aux familles de se mettre à l’abri de la précarité.
Toutefois, nous sollicitons de votre part une extension de cette gratuité de la prise en charge de la chimiothérapie à toutes les personnes victimes du cancer.
Talibouya AIDARA
Cadre Républicain
Responsable Apr Commune de Kataba1
aidara.or.t@gmail.com

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