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L’ancien conservateur des parcs de Niokolo-Koba et du Delta du Saloum, le colonel Momar Guèye, veut démêler le vrai du faux dans l’affaire des gazelles oryx transférées de Ranérou à la réserve personnelle du ministre de l’En­vi­ron­nement. Abdou Karim Sall n’est visiblement pas dérangé par une probable enquête. «On ne me les a pas offertes. Je ne les ai pas achetées», s’est-il défendu.

Le transfert des 6 gazelles oryx à la réserve personnelle du ministre de l’Environnement, qui a entrainé la mort de deux d’entre elles, doit faire l’objet d’une enquête. C’est le souhait du colonel Momar Guèye, l’ancien conservateur des parcs de Niokolo-Koba et du Delta du Saloum. Invité à donner son avis sur la question à la Rfm, il a expliqué que «les oryx sont des animaux intégralement protégés et quand il arrive un accident de cette nature, il est parfaitement souhaitable de tirer cela au clair. Et je crois que les autorités en charge de cette affaire vont le faire».
Dans un communiqué, le ministère de l’Environnement a reconnu le transfert d’oryx de la réserve du Ferlo (Ranérou) vers la ferme Sael, qui est un domaine privé, sans donner plus de détails. Au-delà, on a appris des services du ministère que 2 espèces sont mortes durant leur convoyage «nocturne où toutes les bêtes sont arrivées». Mais elles ont connu quelques blessures et une fracture du fémur qui leur ont été fatales. Leur mort est intervenu après plusieurs jours de soins vétérinaires auxquels ils n’auront finalement pas survécu.
«Qu’est-ce qui a motivé ce déplacement d’animaux de la réserve du Ferlo à Dakar ? Pour quelle raison cela a été fait ? Est-ce que les conditions ont été observées. Est-ce que les gens n’ont pas manqué d’attention, de prudence ou de respect des règles établies dans ces conditions ?», s’est interrogé le colonel Momar Guèye.

«Je suis droit dans mes bottes !»
«Tous ceux qui veulent ouvrir des enquêtes sont libres de le faire. Moi, je sais que je n’ai rien à me reprocher et je suis vraiment droit dans mes bottes. Cette situation ne m’ébranle pas. Je n’ai pas fait quelque chose d’irrégulier. Je suis dans la protection des espèces, comme le veut la mission qui m’a été confiée. C’est dans cette préservation de ces espèces-là que le transfert a été fait», a répondu Abdou Karim Sall sur la Rfm.
D’après le colonel Momar Guèye, le Sénégal a apposé sa signature en faveur de la protection des animaux. Par conséquent, explique-t-il, le Sénégal doit tirer cette histoire au clair.
En tout cas, Abdou Karim Sall se veut clair : «On ne me les a pas offertes ; je ne les ai pas achetées. Ces gazelles oryx restent la propriété de l’Etat avec un protocole en bonne et due forme avec le gérant de la ferme, comme ça s’est passé partout au Sénégal. Les Sénégalais qui sont capables aujourd’hui de nous aider à préserver et à protéger ces espèces-là, sont les bienvenus. Ils peuvent signer des protocoles, si nous vérifions qu’ils peuvent les accueillir et les recevoir dans d’excellentes conditions. Quand on met une seule espèce dans un endroit, ce qui risque d’arriver, ce sont des problèmes de consanguinité. Et, finalement, l’espèce risque, à long terme, de s’éteindre. C’est la raison pour laquelle on multiplie les points vers lesquels on envoie ces espèces-là pour se reproduire. Donc, aujourd’hui, ma volonté, c’est de participer à cette démarche.»

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