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Pour réduire la dépendance à l’importation de produits agricoles et développer un tissu industriel autour de leur transformation, le Sénégal a initié le projet des Agropoles intégrés. Le premier devrait voir le jour dans la région de Ziguinchor avant la fin de l’année.

Avec 13,2%, le niveau de transformation des produits agricoles reste encore très faible au Sénégal. C’est la raison pour laquelle, chaque année, au moins 30% de la production sont perdus. C’est pour inverser cette tendance que le gouvernement a initié le programme des Agropoles intégrés. Inscrit parmi les projets phare du Plan Sénégal émergent (Pse), le programme verra le jour avant la fin de l’année avec la réalisation de l’Agropole de la zone sud. Selon M. Ibrahima Wade qui en a donné l’assurance hier au cours de l’atelier d’orientation stratégique sur ce projet, il s’agit «de réduire la dépendance à l’importation de produits agricoles». Selon M. Wade, avec une production supérieure à 1 million de tonnes pour le riz, les fruits et légumes ou encore l’arachide, le Sénégal dispose d’atouts certains, mais la complexité du concept a poussé les autorités à aller chercher l’expérience malaisienne pour s’en inspirer. C’est ainsi qu’une mission de Pemandu associates, une société de consultance créée dans le Cabinet du Premier ministre de ce pays, séjourne au Sénégal pour appuyer le processus. «La Malaisie a le savoir-faire pour ce genre de projets et ils ont développé une méthodologie dite du Big fast results ou résultats majeurs rapides qu’ils sont en train de partager avec nous et organiser les acteurs à travers la méthodologie Lab», explique M. Wade.
Le premier Agropole va ainsi être installé dans la région de Ziguinchor, entre Adéane ou Niaguis, selon le choix définitif qui sera fait. C’est ce qui ressort de la mission de terrain effectuée la semaine dernière par le Bos et ses partenaires. «Nous avons donc rencontré la Chambre de commerce, les gouverneurs, les projets et programmes de la zone et les services déconcentrés», indique le Dg du Bos. Cette visite a permis aux acteurs du projet de se faire une idée plus précise sur les spéculations dans la région.
Ainsi, indique Babacar Gningue, directeur adjoint du Bos, dans cette région sud sont produits 90% de la production nationale d’anacardes, soit 90 mille tonnes, 41 mille tonnes de mangues, 220 mille tonnes d’arachide. Le Sud du pays fournit également 36% du maïs cultivé dans le pays, 31% du riz pluvial et 15% de la production de lait, soit 38 millions de litres par an.
La mise en service de cet Agro­pole aura comme principal effet de renforcer le tissu industriel. «Le Sénégal va subir une transformation totale au niveau de l’agriculture et de l’industrie. C’est le moyen aussi de renforcer le tissu industriel, de valoriser notre agriculture et de densifier notre tissu industriel et notre capacité à exporter des produits transformés», précise le Dr Ibra Guèye Dioum, conseiller technique au ministère de l’Industrie. En plus de renforcer l’industrialisation, cet Agropole va également renforcer les filières de productions. «Pour industrialiser, il faut assurer un approvisionnement constant pendant toute l’année en matières premières. Ensuite, cette production doit obéir à des normes de qualité. Elle doit aussi passer par des phases et dès que vous avez un tissu industriel qui s’appuie sur l’agriculture, vous transformez complètement la région. Les agriculteurs sont organisés, ils sont encadrés et appuyés. Et à la fin, nous avons un tissu industriel dense avec une capacité de production reconnue sur le plan mondial», souligne Dr Dioum.
Après l’Agropole de la région sud qui va se concentrer sur les filières noix de cajou et mangue, ce sera au tour de celui de la zone nord d’être installé sur d’autres filières porteuses.
mamewoury@lequotidien.sn

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