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L’un des problèmes au Sénégal, c’est la question des transports en commun où la surcharge est devenue presque une règle. Avec l’apparition du coronavirus au Sénégal, il y a lieu de s’interroger sur la gestion de ce secteur. Si au niveau de Ddd et de l’Aftu des mesures sont annoncées pour respecter les mesures d’hygiène et éviter la propagation du virus, l’équation de réussir à faire respecter les recommandations se pose.

Le ministère des Infras­truc­tures, des transports terrestres et du désenclavement avait appelé les acteurs du secteur des transports, dès l’apparition du premier cas de coronavirus au Sénégal, à prendre des mesures d’hygiène pour éviter la propagation de la maladie. Dans un communiqué, le ministre Oumar Youm les avait «exhortés à bannir le surnombre de passagers, en respectant les prescriptions du Code de la route, à régulièrement procéder au lavage et à la désinfection des véhicules, notamment les parties sensibles comme les sièges, les bras, les barres de maintien, colonnes, mains-courantes et autres appuis».
Dans le document, il était aussi demandé aux gérants des véhicules de transport en commun d’utiliser «en permanence des produits hydro-alcooliques pour le lavage des mains à l’accès et à la descente des véhicules». Une invite réitérée par le ministre des Transports terrestres Oumar Youm samedi dernier, à la Rfm, après l’annonce d’une batterie de mesures par le chef de l’Etat.
Mais le constat au niveau des transports en commun est que la situation n’a pas changé. Les minibus «Tata» sont toujours aussi bondés, il n’y a pas de gel hydro-alcoolique et ils ne sont pas nettoyés comme indiqué par les autorités. A cela s’ajoute le fait que les usagers n’ont pas changé de comportements. Les gens sont collés les uns aux autres et ne respectent pas les mesures d’hygiène préconisées par le ministère de la Santé, comme utiliser un mouchoir à jeter après usage pour éternuer ou tousser. Les habitudes dans les transports en commun restent les mêmes.
Interpellé sur la question, le président de l’Association de financement des professionnels du transport urbain (Aftu), qui regroupe 14 Gie (Groupement d’intérêts économiques) officiant dans le transport urbain, informe qu’une réunion est prévue avec ces derniers pour les sensibiliser sur la mise en œuvre des mesures édictées par les autorités. D’après Mbaye Amar, il s’agit de mettre à la disposition des usagers des solutions hydro-alcooliques, de demander, quand le bus est plein, aux chauffeurs et receveurs de ne pas s’arrêter. D’après lui, aussi bien les passagers que les acteurs du transport doivent se conformer aux règles parce ne pas le faire serait un risque pour tout le monde. «Nous devons lutter tous pour éviter la propagation de cette pandémie», a-t-il déclaré.
Concernant les gels hydro-alcooliques, le président de l’Aftu informe que la commande a été déjà faite. Maintenant, ajoute M. Amar, il reste à étudier la feuille de route à adopter pour mener cette campagne de sensibilisation afin de faire respecter ces règles d’hygiène. «S’il faut entrer dans les véhicules pour sensibiliser les passagers avec les services du ministère des Transports, nous le ferons», a-t-il assuré. Quid des bus de Dakar dem dikk (Ddd) ? Le directeur général de cette société de transport national a également annoncé des mesures samedi dernier, à la Rfm. D’après Me Moussa Diop, «la commande de solutions hydro-alcooliques pour protéger les agents qui travaillent dans les bus, mais aussi les usagers» a été reçue. A l’en croire, le nettoyage des mains à l’entrée des bus va commencer aujourd’hui.
Autre mesure annoncée par le Dg de Ddd, «ce sont les thermomètres électroniques pour les bus qui vont dans les régions». De même, il souligne que «les bus seront désinfectés» et, ajoute-t-il, s’il faut «multiplier le lavage par 10», ils le feront. Dans ce cadre, le Dg de Ddd avait annoncé que les surcharges vont être évitées. A ce propos, Me Diop avait beaucoup insisté sur «la question de discipline». Il demande ainsi aux populations de se conformer à ces mesures «dans l’l’intérêt de tout le monde et par esprit de solidarité». «Ce que nous demandons, c’est que les populations s’y conforment. Quand on demande à une personne une seconde pour prendre la température, que cela soit respecté. C’est dans l’intérêt de tout le monde», a-t-il insisté.
Si les règles ne sont pas respectées et que la situation au Sénégal empire, le Dg de Ddd n’exclut pas, «en coordination avec nos autorités, d’arrêter le réseau». En tout cas jusqu’à hier, aucun changement n’avait été noté dans le transport. Attendons aujourd’hui pour voir si les annonces seront suivies d’effets !
dkane@lequotidien.sn

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