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L’Union économique et monétaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa) a émis un certain nombre de directives que les Etats doivent transposer.Le Sénégal a atteint un niveau de transposition de 75% en 2015, mais des efforts restent à faire.

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a émis un certain nombre de directives que les Etats doivent transposer. Chaque année depuis 2013, l’instance procède à une évaluation de l’état de mise en œuvre de ces directives. Après avoir réussi un score appréciable de 75% en 2015, le Sénégal se soumet à nouveau à l’exercice. Mais pour la présente édition, les règles ont quelque peu changé, prévient le représentant résident de la commission de l’Uemoa au Sénégal, M. Dossolo Diarra. «La revue de 2015 a permis de constater de grands progrès au Sénégal qui a eu un taux de satisfaction de 75%. Seulement, on a changé les critères qui sont aujourd’hui pondérés et qui vont plus en profondeur et assurent une meilleure appréciation des difficultés», explique M. Dosso.
Selon le coordinateur de la cellule de suivi de l’intégration à la Direction générale des politiques économiques (Dgpe) du ministère de l’Economie, des finances et du plan, le Sénégal compte poursuivre sur sa lancée même si la nouvelle méthodologie de revue pose de nouveaux défis, puisque «l’attention sera portée dorénavant sur certaines dispositions particulières des actes communautaires et non plus seulement sur l’acte», souligne M. Moustapha Ngom.
La revue annuelle des réformes et projets de l’Uemoa qui a démarré hier au Grand Théâtre, «est un exercice qui a été instauré par la conférence des chefs d’Etat en 2013 et qui a pour but, chaque année, de faire le point avec l’ensemble des Etats sur l’état d’application des réformes qui ont été adoptées par les instances compétentes de l’Union», explique M. Diarra. Ainsi, les experts de l’organisation régionale vont passer en revue les performances du Sénégal en matière de transposition de directives et de leur application. Il s’agit, indique M. Diarra, de «voir si les directives ont été transposées et en ce qui concerne les directives, les règlements et les décisions, leur état d’application pour nous assurer que les Etats les ont internalisés. C’est aussi l’occasion de voir si les Etats rencontrent des difficultés dans l’application de ces réformes». A cet effet, M. Diarra souligne que le nouveau dispositif favorise l’harmonisation des législations nationales, la coordination des politiques sectorielles nationales et la bonne exécution des politiques, programmes et projets communautaires. Au nombre d’une centaine, ces directives touchent des secteurs diversifiés allant des finances publiques aux politiques sectorielles sur l’agriculture, les mines, le commerce et la pêche ou l’union douanière, ajoute M. Diarra.

Des problèmes liés à la méthodologie de transposition
Malgré les efforts des Etats, des difficultés subsistent dans la transposition. Au Sénégal, elles concernent les secteurs de la santé et des transports. Il s’agit, indique M. Ngom, de problèmes liés à la méthodologie de transposition dans la mesure où les services appelés à la faire ne maitrisent pas tout le processus. Des lenteurs dans le travail de transposition sont aussi notées par M. Ngom qui souligne que le Sénégal a organisé plusieurs ateliers sectoriels pour outiller ses agents. «La revue annuelle offre à notre pays une occasion exclusive pour revisiter en profondeur les réformes et politiques communautaires et pour connaitre la nature précise des lenteurs qui affectent leur mise en application», estime M. Ngom.
Au terme de trois jours de travaux, l’atelier devrait aboutir à l’élaboration d’un mémorandum. «Les conclusions de ce mémorandum seront portées à l’attention du Premier ministre qui supervise la revue, mais aussi un peu plus tard devant les chefs d’Etat et de gouvernement», assure M. Ngom.

mamewoury@lequotidien.sn

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