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L’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), en partenariat avec la Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur internet (Icann), œuvre pour une participation plus active des représentants des Etats d’Afrique francophone au travail d’élaboration des politiques d’Icann.

La Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur internet (Icann) a engagé des réformes. Et l’Organisation internationale de la Francophonie ne veut pas que les intérêts de l’Afrique francophone soient laissés en rade dans l’élaboration de ces nouvelles règles d’enjeux économiques. En ce sens, l’Oif, en partenariat avec Icann, a tenu samedi, en prélude au Sommet africain de l’internet (Ais) prévu aujourd’hui à Dakar, un atelier de renforcement de capacités des représentants du Comité consultatif gouvernemental (Gac) issus des Etats francophones, afin de les «sensibiliser aux différents moyens de participer et de contribuer efficacement au travail d’élaboration de politiques de l’Icann».
Emmanuel Adjovi , responsable de programme «société de l’information» à l’Oif, explique : «L’urgence aujourd’hui se situe dans les réformes engagées par Icann et on a besoin que les Africains s’impliquent pour qu’on prenne en compte les intérêts de l’Afrique parce que si on ne les prend pas en compte, les Afri­cains vont se plaindre par la suite de l’iniquité des règles qui seront prises. Donc, c’est maintenant qu’il faut agir. C’est pour cela que nous avons décidé de travailler avec Icann, puisqu’entre Icann et l’Oif, il y a un accord cadre qui existe depuis juillet 2015 et dans le cadre de celui-ci, nous avons décidé de travailler à la mise en place d’un processus de renforcement de capacités. Cet atelier s’inscrit dans ce cadre.» Il s’agit, selon M. Adjovi, «d’offrir aux représentants du Gac issus des pays francophones l’opportunité de se familiariser davantage avec un certain nombre de notions et mécanismes nécessaires à une participation plus active». Notre objectif, précise-t-il, «c’est d’amener les acteurs africains à comprendre la nécessité de s’impliquer en amont pour pouvoir saisir comment agir dans le sens des intérêts de l’Afrique, de façon à ce que l’on prenne en compte les intérêts dans la prise de décision d’Icann».
Icann a été créée depuis 1998. Mais jusque-là, la contribution des Africains à l’élaboration de ses politiques est faible. «Notre première analyse nous avait amenés à dire que cette faible participation est peut-être liée à la barrière linguistique, car au niveau d’Icann, tout se passe en anglais. Et nous avons fait du lobbying au sein du Gac pour qu’on puisse organiser l’interprétariat et on l’a obtenu. Malgré cela, on voit que la participation n’a pas particulièrement évolué», relève M. Adjovi. Qui considère que «l’implication des Africains dans le processus mérite d’être améliorée, car Icann prend un certain nombre de décisions qui impactent des questions de politique publique dont les Etats ont la charge, par exemple les questions de fiscalité, celles liées à la propriété intellectuelle, entre autres». Mieux, martèle Mohamet Diop, directeur général de Next Sa, une société de services spécialisée dans l’innovation technologique, ce qui se décide à Icann dont la mission consiste à «garantir un internet mondial, sûr, stable et unifié» impacte tout le monde.
Pierre Dandjinou, vice-président d’Icann pour l’Afrique, et ses collaborateurs veulent ainsi faire en sorte que les acteurs africains puissent se mobiliser pour former des groupes de réflexion pour pouvoir harmoniser leur position et participer davantage aux travaux d’Icann.
dialigue@lequotidien.sn

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