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Chargé de dispenser des cours coraniques à des jeunes filles, Birane Sow s’est mué en prédateur sexuel. Il serait l’auteur de la grossesse que porte aujourd’hui B.T., âgée de 17 ans. Cette jeune fille, qui n’est pas encore sortie de la minorité, traîne une grossesse de 8 mois. Les faits imputés au prévenu ont été balayés d’un revers de la main par ce dernier. Toutefois, il risque 2 ans de prison si les réquisitions du Parquet sont suivies. La décision sera rendue le 11 octobre prochain.

Il avait pour mission d’inculquer des connaissances religieuses à la jeune fille B.T., mais Birane Sow aurait choisi de lui enseigner la sexualité. Elle traîne une grossesse de 8 mois qu’elle a imputée au maître coranique qui clame évidemment son innocence. Les faits se sont produits vers fin 2018. Maguette Guèye avait inscrit sa fille dans un internat situé à l’Unité 24 des Parcelles Assainies de Dakar pour qu’elle apprenne le Coran moyennant, 40 mille francs le mois. Les actes pas du tout… musulmans du prévenu ont été mis au grand jour lors des vacances de la Korité. En fait, la jeune fille était rentrée chez ses parents pour passer avec eux l’Aïd el fitr. Mais au moment de regagner le daara après la fête, B.T. a catégoriquement refusé et s’est mise à pleurer. Pressée de questions, la fille révèle avoir subi à plusieurs reprises les assauts de son maître coranique Birane Sow. La dame Maguette Guèye qui n’en croyait pas à ses oreilles s’en est ouverte à oustaz Saliou Sow qui se trouve être le responsable du daara. A sa grande surprise, ce dernier en qui il avait confiance pour lui confier sa fille lui a avoué avoir été informé de l’affaire par la victime et son épouse Aminata Kane Diallo. Elle a failli tomber des nues, car le mis en cause n’est personne d’autre que le petit frère du gérant de l’internat. Maguette Guèye ne s’est pas fait prier pour déposer une plainte contre le mis en cause pour «détournement de mineure et viol sur mineure placée sous son autorité».
Devant la barre, Birane Sow a tout botté en touche en soulignant qu’il est marié et père de deux enfants. «Je n’ai violé personne. Dans l’internat, il est impossible de violer une fille sans que personne ne s’en rende compte du fait de l’effectif conséquent des pensionnaires, enseignants et encadreurs. Mais aussi, je ne peux pas la violer dans leur chambre du fait qu’elles sont nombreuses», s’est-il défendu.

Viols commis dans les toilettes et au dortoir
Ces déclarations contrastent bien avec celles de la victime. Selon B.T., «c’est quand elle prenait son bain dans les toilettes, vers les coups de 9 heures, qu’elle a senti la présence d’un individu à ses côtés après avoir mis de la mousse sur ses yeux». Birane Sow, qui ne voulait pas se faire remarquer, ne lui a pas laissé le temps de se débarbouiller. «Il en a profité pour porter ses mains sur mon visage afin de m’empêcher de voir. Il m’a fait tomber sur les carreaux et m’a violée avant de sortir précipitamment des lieux. Lorsque je suis sortie, j’ai rejoint mes camarades de classe sans rien dire à personne de peur des représailles. La deuxième fois, il m’a trouvée dans nos dortoirs pour me violer à nouveau», dit-elle. C’était le viol de trop, car la jeune fille qui ne pouvait plus supporter les «assauts répétés» de son maître coranique s’en est ouverte dès le lendemain matin à leur responsable.
Surprise par cette mauvaise nouvelle, la responsable lui a supplié de ne pas l’ébruiter. Accédant à cette demande, la victime lui a demandé d’en parler à sa mère, mais la responsable a tout simplement refusé. Selon toujours les confidences de la jeune fille, le mal est beaucoup plus profond que ça dans le daara. En fait, «la fille de Saliou Sow, Soda, aurait été violée dans l’internat», raconte-t-elle. Entendu à titre de témoin dans cette affaire, Saliou Sow dit avoir été informé de la grossesse de B.T. par Maguette Guèye, la maman de la victime. Saisissant l’occasion, il a tenu à rétablir la vérité en indiquant que sa «fille Soda n’a jamais été violée».

5 millions réclamés au maître coranique
L’avocate de la défense, qui estime que les faits sont graves et que toutes les mineures qui sont dans cet établissement sont en danger, a réclamé 5 millions en guise de dommages et intérêts. Le Parquet, quant à lui, a requis 2 ans ferme. Et la défense a demandé la relaxe. «Rien ne prouve que mon client est l’auteur de la grossesse», a dit l’avocat qui trouve que les dires de la fille sont irréalistes. Le prévenu sera édifié le 11 octobre prochain.

 

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