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22 ans séparent Zakaria Séye et sa présumée victime âgée de 17 ans. Comparaissant devant le Tribunal des flagrants délits pour «viol et détournement de mineure», le prévenu risque 5 ans de prison ferme. Il sera édifié demain.

«Le sexe n’est pas un jeu. Les jeunes d’aujourd’hui banalisent la sexualité.» Cette remarque de la représentante du ministère public était adressée à la mineure R.S., élève en classe de 4e. Elle s’est brûlée les ailles en nouant une relation amoureuse avec un homme plus âgé qu’elle de 22 ans. Elle traîne aujourd’hui une grossesse qu’elle impute à son petit ami qui refuse d’assumer la paternité. Comparaissant hier devant la barre du Tribunal de flagrants délits pour viol et détournement de mineure, Zakaria Sèye, âgé de 39 ans, risque 5 ans de prison ferme. Les faits remontent au mois de mars dernier. De manière fortuite, la jeune fille qui revenait de l’école avait croisé sur son chemin le mis en cause. Après avoir fait connaissance, ils ont parlé d’amour et ont décidé de sortir ensemble. Pour leurs premières rencontres c’est la maison de l’un de ses amis qui leur servait de lieu de rencontre.
Au début, ils se limitaient «à des flirts». Mais Zakaria Sèye, qui ne pouvait plus se passer de ça, «est allé la chercher le 20 juin 2019, au collège pour l’amener chez lui où ils ont entretenu des relations sexuelles». Malheureusement l’élève en classe de 4e a contracté une grossesse. Mais quand ses parents l’ont découverte, ils sont allés voir Zakaria Séye pour l’informer. Mais ce dernier les a envoyés se promener en rejetant même la paternité de cette grossesse. Face à un tel «comportement irresponsable», la maman de la victime a porté plainte contre lui pour «viol et détournement de mineure».
Interpellé dans un premier temps, Zakaria Sèye a nié les faits. Mais confronté aux messages qu’il a envoyés via WhatsApp, il a fini par reconnaitre la paternité de l’enfant. A la surprise générale, il a réitéré ses dénégations devant la barre. Toutefois, il a reconnu avoir entretenu une relation amoureuse et sexuelle avec la fille. «On a eu des rapports sexuels lors de notre premier rendez-vous. En tout, on a eu des relations sexuelles à 3 ou 4 reprises chez moi. Parfois, je venais la prendre à l’école. La grossesse, c’est elle qui l’a cherchée. En plus, je ne suis pas la personne qui l’a dépucelée. Je croyais qu’elle était majeure. C’était une erreur de ma part», avoue-t-il.  Selon la victime, c’est une seule fois qu’ils ont entretenu des relations sexuelles. «Et d’ailleurs Zakaria m’a violé ce jour- là. Il a étouffé mes cris avec l’oreiller pour m’empêcher d’appeler au secours. Je n’ai jamais été consentante», dit-elle.
Le réquisitoire du Parquet l’a enfoncé davantage : «Vous avez en face de vous un prévenu qui a une posture arrogante, indiscipliné. Mieux, il peut être le père de la fille car il a 22 ans de plus qu’elle. Devant la barre, il n’a montré aucun signe de regret ni de désolation et il a bien choisi sa proie. Par contre, la fillette est victime de son innocence, de sa forte corpulence et de son prédateur. Il faut se poser la question sur la moralité et l’éducation de ce jeune garçon.» A la fin, le ministère public a requis 5 ans de prison ferme. Alors que la défense a sollicité la clémence du Tribunal qui rendra sa décision demain.
justin@lequotidien.sn

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