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Pour deux joints de hachis trouvés en sa possession, le chanteur Laurent Dacosta va sécher ses activités professionnelles pendant 2 ans. Il a été con­damné avec Bassirou Faye à cette peine pour association de malfaiteurs, offre ou cession de drogue.

Le chanteur Laurent Dacosta alias Bara a gagné hier son ticket pour la citadelle du silence. Il a été condamné avec Bassirou Faye alias Bass à 2 ans de prison ferme. Les prévenus comparaissaient avec 9 autres co-prévenus pour association de malfaiteurs, offre et cession de drogue. Mais le reste de la bande, très chanceux, a été relaxé au bénéfice du doute. C’est à la suite d’une information reçue par l’Ocrtis faisant état d’hommes qui s’adonnent au trafic de la drogue que les mis en cause ont été interpellés. Pour démanteler ce réseau, les limiers qui épiaient les mouvements de ces trafiquants depuis un long moment sont entrés en action.
Habillés en tenue civile, ils se sont fait passer pour des con­sommateurs. C’est ainsi qu’ils ont passé une commande auprès de Bassirou Faye. Sans se soucier de l’identité des acheteurs, il va tomber dans le piège des flics en leur livrant le produit. Ainsi, ordre lui a été donné par les policiers de dévoiler les membres du réseau. Il a conduit d’abord les policiers chez Laurent Dacosta alias Bara, puis chez Pape Malick Samb. La perquisition effectuée au domicile du chanteur a permis de trouver 2 joints de hachis. La découverte a été plus fructueuse au domicile de Pape Malick Samb. Il a été trouvé chez lui, alors qu’il était en galante compagnie, de la drogue dans son armoire. Il s’agit de 6 barres de hachis, 42 cornets de chanvre indien, une balance électrique et des papiers. Mais quand Pape Malick Samb a senti la présence des limiers, il a pris ses jambes à son cou en passant par la terrasse. Sa petite amie trouvée dans la chambre en tenue légère n’a pas été épargnée.
Arrêtée, Habibatou Mbaye, née en France à Dijon, a fait d’abord l’objet d’une fouille qui a permis de trouver dans son sac les sommes de 405 euros et 500 mille francs Cfa. Conduite par les éléments de l’Ocrtis dans sa chambre, il a été aussi retrouvé des restes de hachis et du papier comme celui trouvé dans la chambre du sieur Samb. Interpellée, elle a confié aux limiers qu’elle consommait de la drogue, mais qu’elle a cessé de le faire il y a longtemps. A propos des résidus trouvés dans sa valise, elle explique qu’ils étaient destinés à la poubelle, mais elle les y a oubliés.
Devant la barre du Tribunal, seul le chanteur Laurent Dacosta a reconnu avoir été trouvé en possession de 2 joints de hachis destinés à sa propre consommation. Bassirou Faye, qui est le premier à être arrêté, a nié avec véhémence les faits. Il a même nié avoir vendu de la drogue aux policiers. Mamadou Diakité et Aliou Samb ont aussi nié les faits. Le premier nommé dit qu’il a été arrêté alors qu’il venait de se réveiller. Son frère explique que c’est dans la chambre de sa mère où il dormait encore qu’il a été réveillé par les enquêteurs. Kalifa Sereme, employé dans cette maison, dit être étranger aux faits. «Je travaille dans cette maison et je passe la nuit à la terrasse. Quand j’ai vu Pape Malick Samb fuir, j’ai pris peur. C’est ainsi que j’ai essayé d’enjamber le mur et je suis tombé en m’occasionnant une fracture», a-t-il expliqué. Quant aux prévenus Naby Ibrahima Condé, Racine Mané, Demba Sow, Abdourahmane Diagne et Mamadou Diakité, ils disent avoir été arrêtés au domicile de Laurent Dacosta où ils étaient pour apprendre à chanter. Ce que d’ailleurs ce dernier a confirmé. Selon le Parquet, les faits sont constants. Il a requis 3 ans ferme à l’encontre de Bassirou Faye et de Laurent Dacosta, 3 mois ferme contre Habibatou Mbaye et la relaxe pour le reste. Ce n’est pas l’avis de Me Mbaye Sène qui estime que sa cliente ne peut pas être logée dans la même enseigne que les autres. Elle a été trouvée en tenue de chambre chez son petit ami, mais pas avec de la drogue bien qu’elle ait reconnu qu’elle en consommait. Il a plaidé sa relaxe. Les autres avocats ont aussi plaidé la relaxe pour leurs clients.
Au final, le Tribunal n’a retenu que la culpabilité de Bassirou Faye et de Laurent Dacosta en les condamnant à 2 ans ferme et en relaxant les autres.
justin@lequotidien.sn

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