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Les prévenus Ibrahima Ndong et Birane Djiba peuvent nourrir l’espoir de recouvrer une liberté totale. Poursuivis pour des faits gravissimes de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner, ils ont bénéficié d’une liberté provisoire en attendant la décision du juge qui sera rendue le 3 avril. Ils ont tous nié les faits devant la barre. Birane Djiba réfute s’être battu avec la victime. «Je ne me suis pas battu avec lui. Il dérangeait et je suis venu lui demander sortir. Je ne détenais rien par devers moi», a-t-il martelé. Son co-prévenu dit être étranger aux faits. «C’est le chef de quartier qui m’a servi une plainte. C’est pourquoi je suis allé à la police pour répondre», s’est-il défendu.
Les dénégations des mis en cause sont corroborées par les témoignages de Dieudonné Dasylva, le propriétaire du bar. «La victime Babacar Toureé vient se saouler le plus souvent dans mon bar. Ce jour-là, il a eu à échanger des propos avec Birane Djiba, mais ils ne se sont pas battus. Il ne détenait pas aussi d’objet lors de cet échange. Il est retourné après à l’intérieur du bar», a-t-il déclaré. Selon le sieur Dasylva, Babacar Touré serait mort à 200 mètres du bar. D’après le rapport du médecin légiste, Babacar Touré n’est pas mort d’une mort naturelle. L’autopsie de son corps qui présentait des blessures et des hématomes, fait état de rupture de la rate et du rein gauche. Ce qui amène le procureur à ne pas accorder trop de crédit aux dénégations de Birane Djiba.
Selon lui, les conclusions du certificat médical expliquent l’origine de la cause du décès de Babacar Touré. L’enquête, poursuit-il, a révélé que le défunt, qui était en état d’ébriété dans ce bar et qui dérangeait la quiétude des gens, a été chassé des lieux par le propriétaire. Ainsi, il s’est battu à l’extérieur avec le sieur Birane Djiba. A en croire le maître des poursuites, les témoins qui ont été entendus auraient soutenu que Birane Djiba lui aurait balancé une pierre. «Malheureusement, ces derniers ne sont pas là pour confirmer ces déclarations», regrette-t-il. Le Parquet estime qu’il faudrait donner acte aux dénégations de Ibrahima Ndong. En ce qui concerne Birame Djiba, il dit qu’il a reconnu s’être battu avec le défunt. Il demande de disqualifier des coups et blessures en violence et voie de fait avant de requérir à son endroit à 6 mois assortis du sursis et le renvoi des fins de la poursuite sans peines, ni dépens pour Ibrahima Ndong.
Me Alioune Badara Fall qui défendait les intérêts de Birame Djiba, a d’abord loué le réquisitoire du Parquet qui a demandé la disqualification des faits en violence et voie de fait. «Vous avez entendu Dieudonné Dasylva qui vous a dit que mon client ne s’est pas battu avec la victime. Ils sont en détention depuis 2016 et ils auraient pu comparaître libres. Je demande de le renvoyer des fins de la poursuite sans peines ni dépens», a-t-il plaidé.
Me Brice Benoît estime quant à lui que c’est un dossier plein de contradictions. «Le propriétaire du bar à demandé qu’on fasse sortir Birame Touré de ses locaux qui n’est pas un client normal contrairement à Djiba», a-t-il rappelé en demandant de renvoyer son client des fins de la poursuite. En leur accordant leur mise en liberté provisoire, le Tribunal semble aller dans ce sens. Le délibéré sera rendu le 3 avril.
justin@lequotidien.sn

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