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L’affaire des manifestations des pro-Khalifa Sall a été jugée hier par le Tribunal correctionnel. Poursuivis pour rassemblement illicite et actes divers, le garde du corps du maire de Grand-Yoff, Charles Mandiang, et son coprévenu, Mamadou Lamine Samaté, risquent 2 ans dont 1 ferme. Ils seront édifiés le 22 janvier prochain.

Le garde du corps du maire de Grand-Yoff, Charles Mandiang, et Mamadou Lamine Samaté ont répondu hier aux délits de rassemblement illicite et destruction de biens appartenant à l’Etat. Ils auraient commis ces actes lors des manifestations des pro-Khalifa Sall à Grand-Yoff. Lesquelles manifestations ont provoqué le saccage d’un bus de Dakar dem dikk. Devant la barre du Tribunal correctionnel, les prévenus ont nié les faits qui leur sont reprochés. «Je ne suis pour rien dans cette affaire. Ce jour-là, j’ai entendu des manifestations et je suis sorti pour voir ce qui s’est passé. C’est ainsi que j’ai été interpellé à hauteur du Pont de l’émergence par les policiers», s’est défendu Mamadou Lamine Samaté. Pourtant à l’enquête, il avait reconnu les faits. Mieux, il a été confondu par une vidéo qui prouve qu’il fait partie des manifestants.
Interpellé sur les accusations qu’il avait faites à l’endroit de son coprévenu, Mamadou Lamine Samaté a nié avoir déclaré que le garde du corps du maire a pris part aux manifestations. Pour sa défense, Charles Man­diaye a laissé entendre qu’il n’était même pas présent sur les lieux. «J’avais le pied qui me faisait mal», dit-il. Il a été interpellé une semaine plus tard par la police. «Ce jour-là, c’est un ami qui habite Grand Médine qui m’avait invité à des thiants (chants religieux). C‘est quand je suis allé chercher à manger pour ensuite rentrer que j’ai été interpellé par la police. Mais je n’ai pas participé aux manifestations. Je ne savais même pas ce qui s’est passé. Ils ne m’ont pas montré des vidéos quand ils m’ont arrêté encore moins au commissariat», s’est-il défendu.
Selon le Parquet, c’est à la suite des manifestations du 10 septembre 2017 où un bus de Dakar dem dikk a été saboté que les prévenus ont été confondus par les images. A cette occasion, poursuit-il, Mamadou Lamine Samaté avait cité deux individus qui aspergeaient de l’essence. «Il disait aussi que Charles Mandiang avait participé aux manifestations», rappelle le maître des poursuites. Estimant qu’ils n’ont pas participé au saccage du bus, car la vidéo ne les a pas montrés en train de poser des actes en ce sens, il a demandé qu’ils soient relaxés de ce chef et de les déclarer coupables du délit de participation aux divers actes à 2 ans dont 1 ferme.
Selon la défense de Charles Mandiang, leur client n‘a pas été identifié dans la vidéo. Et devant les enquêteurs, il avait soutenu qu’il n’a pas participé aux manifestations parce qu’il était alité. De l’avis de l’avocate, il a été installé dans la cause parce qu’il est le garde du corps du maire de Grand-Yoff qu’on a cherché à atteindre sans y parvenir. Estimant que les déclarations d’un coprévenu ne peuvent pas asseoir sa culpabilité, elle a plaidé la relaxe. «En disant qu’il n’y a aucun élément sur leur participation au saccage du bus, le procureur a abandonné la procédure», a dit Me Ciré Clédor Ly qui défendait les intérêts de Mamadou Lamine Samaté. Selon lui, les prévenus ne peuvent pas être poursuivis pour rassemblement illicite. Mieux, poursuit-il, la scène de crime qui se trouve sur la vidéo ne montre pas son client. Il a plaidé la relaxe. La décision sera rendue le 22 janvier.
justin@lequotidien.sn

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