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Elle voulait soutirer de l’argent à son mari. Pour ce faire, Khadissatou Diao a simulé son propre kidnapping. Poursuivie pour tentative d’escroquerie par son mari, elle a été condamnée à 1 mois ferme.

C’est avec beaucoup de re­­­­­m­ords que la dame Khadissatou Diao est sortie de la salle d’audience. Condamnée à un mois ferme, cette femme, qui a comparu libre pour tentative d’escroquerie, a pleuré toutes les larmes de son corps. Elle a regretté la bévue qu’elle a commise en tentant de soutirer de l’argent à son mari. Il y a plus d’une semaine, la prévenue avait simulé son propre kidnapping en faisant croire à son époux qu’elle est entre les mains d’un ravisseur qui lui réclame une somme de 200 000 francs. Ce n’était que de la poudre aux yeux. En réalité, dans sa tête se trottait une idée  saugrenue. Voulant payer ses dettes, Khadissatou Diao ne savait pas comment s’y prendre devant son époux. Elle a créé tout ce scénario pour atteindre ses objectifs.
Le jour des faits, à 20 h son mari lui a remis la somme de 5000 francs pour aller acheter du crédit. Dix munites après, elle l’a appelé pour lui dire qu’elle voulait de la viande de dibiterie. Ayant reçu l’onction de ce dernier, elle est partie sans donner signe de vie. «A 23 heures, je suis au premier étage pour voir si elle est de retour. Elle n’y était pas. Je suis descendu et au bout de quelques munites, j’ai reçu un message téléphonique  qui disait : «ta fille est entre de bonnes mains, mais si tu veux la voir il faut verser une rançon de 200 000 francs».  Dix munites après elle m’a appelé pour me dire qu’elle est entre les mains d’un ravisseur, qui réclame de l’argent pour sa liberté. Nous avons saisi la gendarmerie. J’étais même sur le point d’envoyer l’argent par Wari, mais les gendarmes m’ont demandé d’attendre. On n’arrivait plus à la joindre. A 2 heures du matin, on a appelé et elle a décroché. Le capitaine qui a écouté la conversation m’a dit que ce sont des farces, qu’elle n’avait rien. Quelques instants après les ravisseurs m’ont dit qu’ils vont l’amener chez le chef de quartier. Quand nous l’avons récupérée, nous voulions la conduire à Iho (Institut hospitalier de Ouakam)  pour voir si elle n’a pas de problèmes. Mais les gendarmes nous ont appelés pour nous dire de rappliquer le plus vite à la brigade», a relaté l’époux. Entendue à l’enquête, la bonne dame a déclaré qu’elle avait entendu une fois une femme parler de kidnapping.  C’est de là que lui est venue l’idée d’ourdir ce plan pour avoir de quoi éponger ses dettes.
Devant la barre du tribunal, Khadissatou Diao, qui a reconnu sans ambages les faits, a réitéré qu’elle avait un besoin d’argent. C’est pourquoi elle a simulé son propre kidnapping. Un geste qu’elle dit regretter amèrement.   «N’eût été la gendarmerie, les 200 000 francs seraient envoyés», a souligné l’avocat de la partie civile, qui a réclamé le franc symbolique. De l’avis du maitre des poursuites, c’est un acte à décourager pour éviter que demain d’autres personnes s’aventurent à commettre les mêmes actes.  Il faut une correction exemplaire, a-t-il dit en rappelant que la prévenue a pris son téléphone pour faire croire à un kidnapping. Il a requis 6 mois dont 3 ferme.
La dame qui n’avait pas d’avocat pour assurer sa défense a sollicité la clémence. Une demande entendue par le tribunal qui a mis la pédale douce en la condamnant à 1 mois ferme sans décerner de mandat d’arrêt contre elle.
justin@lequotidien.sn

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