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Pour venger son neveu, Diélani Mané a sectionné le pied de Abdoulaye Fall à l’aide d’un coupe-coupe avec le soutien de ses co-accusés. Pour ces motifs, il risque 20 ans de travaux forcés. Au moment où Saliou Boye et Cheikh Tidiane Sow encourent respectivement 15 et 2 ans. La Chambre criminelle se prononcera le 16 janvier prochain.

Depuis le 20 juin 2012, Abdoulaye Fall est devenu un handicapé après que son pied a été sectionné par ses voisins de quartier à la suite d‘une bagarre qui l’opposait au nommé Junior Sané, la veille des faits. Sorti vainqueur de cette altercation, Abdoulaye Fall se doutait qu’il venait de s’attirer la colère de l’oncle de Junior. De concert avec Saliou Boye et Cheikh Tidiane Sow, Diélani et ses complices lui ont tendu un guet-apens. Envoyé par son père acheter du pain en vue de préparer le ramadan qui devait commencer le lendemain, Abdou­laye Fall a fait l’objet d’une agression barbare de la part de ses voisins. Il a été touché à la tête, au niveau de la région cavitaire. Il a aussi reçu un violent coup au pied, lequel a sectionné son tendon d’Achille et son nerf sciatique. Selon ses propres révélations à la barre, son pied ne tenait que par la peau. Il a aussi reçu d’autres coups à la jambe. Après avoir commis leur forfait, ses bourreaux lui ont laissé pour mort sans l’assister.
Informés, les gendarmes de Keur Massar ont trouvé sur les lieux la victime gisant dans une mare de sang. L’enquête ouverte a permis l’arrestation de Abdou­rahmane Diélani Mané, Cheikh Tidiane Sow et Saliou Boye.
Devant les éléments de la gendarmerie, Diélani a avoué avoir agi par vengeance pour son neveu à qui la victime a occasionné des blessures la veille au cours de leur bagarre. Il disait aussi que c’est Cheikh Sow qui a l’a maîtrisé pour permettre à Diélani de lui administrer un coup.
Amputé aujourd’hui d’un pied, il a du mal à s’en accommoder. «A ce que je sache, Junior et Abdourahmane n’ont aucun lien parental de même que les autres accusés. Ils voulaient venger Junior, raison pour laquelle ils m’ont fait subir un tel acte, peste-t-il avant de revenir sur les faits. Je partais à la boutique quand je les ai dépassés, assis dans la cour de l’école. Je ne les ai pas salués. Tout d’un coup, je les ai vus venir vers moi, tous armés. Et c’est Abdourahmane Diélani Mané qui m’a donné deux coups de couteau au cou et à la main. Quand je suis tombé, il s’est assis sur moi en continuant à m’administrer des coups avec un coupe-coupe. Saliou Boye m’a aussi donné deux coups à la jambe. Quant à Tidiane Sow, il m’a tenu la jambe, mais il ne m’a pas donné de coups. Je ne savais pas ses intentions.»
Entendus à leur tour, Saliou Boye et Cheikh T. Sow ont soutenu n’avoir pas participé à la bagarre. Des dénégations réitérées hier devant la barre de la Chambre criminelle où ils comparaissent tous les trois pour tentative de meurtre. Pourtant, la victime n’est pas exempte de reproche. Selon son père qui a été entendu à titre de simple renseignement, il a fait l’objet de trois condamnations pour diverses inculpations. Ce que son avocat explique par le fait que son client soit né avec un handicap au bras gauche. «Cela lui a posé une faiblesse inexplicable dans le quartier», dit Me Mbengue. Selon le procureur, il a demandé la requalification des faits pour Abdourahmane Diélani en coups et blessures volontaires avec préméditation ayant entraîné une amputation. Pour la répression, il a sollicité 20 ans de travaux forcés, 15 ans contre Saliou Boye et 2 ans contre Cheikh T. Sow pour non-assistance à personne en danger. Un réquisitoire jugé excessif par les avocats de la défense. Ils ont plaidé l’acquittement au bénéfice du doute pour Sow et une application bienveillante pour Abdourahmane Diélani Mané et Saliou Boye. Délibéré le 16 janvier.

justin@lequotidien.sn

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