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 (Envoyé spécial au Burkina Faso) – Au clap de fin de l’édition 2017 du Fespaco, le réalisateur sénégalais Alain Gomis a remporté avec «Félicité», l’Etalon d’or de Yennenga après l’avoir obtenu en 2013 avec son film «Tey». Le palmarès officiel a été dévoilé au cours de la cérémonie de clôture au Palais des sports de Ouaga 2000, en présence des Présidents ivoirien et burkinabè.

Alain Gomis, est rentré dans l’histoire du cinéma africain, au Fespaco. Après avoir brandi, en 2013, le trophée le plus convoité du festival avec son film «Tey», il vient à nouveau, quatre ans après, de remettre ça avec son long-métrage «Félicité». Ce jeune réalisateur sénégalais devient ainsi le 23e réalisateur africain à brandir l’Etalon d’or de Yennenga et le deuxième à l’avoir remporté à deux reprises (Ndlr, Outre Alain Gomis le réalisateur malien Souleymane Cissé, a remporté deux fois l’or).
Pour magnifier cette prouesse d’Alain Gomis, le jury présidé par le marocain Nourredine Saïl a salué «la qualité du sujet, la puissance et la rigueur extraordinaire de la technique». «Nous avons été séduits par la direction d’acteur, la qualité du film, la production qui forcément nous amène à un stade de félicité», a commenté M. Sail.
Alain Gomis, après avoir reçu son trophée des mains des deux chefs d’Etat présents à la cérémonie de clôture,  Alassane Dramane Ouattara de  la Côte d’ivoire et Rock Christian Kaboré du Burkina Faso, une première dans l’histoire du Fespaco, a profité de la tribune pour dédier son trophée aux jeunes réalisateurs qui se battent. «Le cinéma africain est un peu en danger. Il faut lutter pour notre indépendance», a-t-il lancé pointant la problématique du financement du film africain.
Son producteur Oumar Sall ira plus loin. «L’Afrique doit financer son cinéma, excellence Messieurs les Présidents. On ne peut pas développer un pays sans sa culture. Et pour cela, il faut des sociétés de production fortes dans vos pays, parce qu’il s’agit d’une économie du cinéma», a ajouté Oumar Sall, co-producteur du film lauréat «Félicité». Le directeur de Cinekap n’a pas manqué de saluer la vision du président de la République Macky Sall, qui a cru au Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica).
Outre ses mots de remerciements à l’endroit de tous ceux qui l’ont soutenu et accompagné pour la réalisation de Félicité, Alain Gomis en recevant son prix, a rendu hommage aux réalisateurs disparus, notamment le Guinéen, Cheick Fantamadi Camara, auteur de «Il va pleuvoir sur Conakry» et le jeune réalisateur burkinabè, Adama Zallé, parti très tôt selon lui, la sénégalaise Khady Sylla et le patriarche Sembène Ous­mane. Alain Gomis a également eu une pensée à l’endroit de Idrissa Ouédraogo, «pour son aide».

Les deux autres lauréats
L’Etalon d’argent est revenu au Béninois Sylvestre Amoussou pour son film «L’orage africain». Le film, qui se déroule dans le contexte africain raconte l’histoire d’un Président qui a décidé de nationaliser les moyens de production installés dans le pays, agacé par le fait que ses administrés ne profitaient pas assez des richesses nationales. Par cet acte, ledit président s’est ainsi mis à dos les occidentaux et responsables des différentes sociétés perdantes. Un film que l’auteur a voulu très réaliste et adapté aux réalités du continent.
Quant à l’Etalon de bronze, il a été remporté par le Marocain Saïd Khallaf pour son film A mile in my shoe. Ce long-métrage fiction raconte l’histoire de Said, un adolescent qui a toujours vécu dans la misère et la souffrance et qui décide de se venger d’une société cruelle et intolérante. A partir de cette trame, le film évoque des problèmes sociaux qui, évidemment sont propres à notre société : enfants de la rue, viol, exploitation humaine, violence contre les femmes, autorité parentale outrancière.

Clap de fin
En faisant résonner le clap de fin de cette 25e édition du Fespaco, le délégué général du Festival, Ardiouma Soma, a indiqué qu’il y a eu en tout 150 séances de projection pour plus de 165 films en huit jours. 135 millions de francs Cfa ont été mobilisés pour les prix du palmarès officiel et des prix spéciaux. Plus de 100 kg de bronze, d’argent et d’or décernés aux réalisateurs et collaborateurs techniques et artistiques sous forme de trophées. Tout cela témoigne, selon M. Soma, de la grandeur d’un festival qui s’apprête à fêter ses 50 ans en 2019.
Le délégué général du Fespaco s’est réjoui des conclusions du colloque sur la formation aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel, mentionnant que les réflexions sur le thème de cette édition ont abouti à des résolutions fortes en vue de consolider l’offre de formation des créateurs et des collaborateurs techniques et artistiques dans un secteur tourné vers l’innovation constante. C’est par des prestations d’artistes nationaux et étrangers, des chorégraphies diverses que s’est achevé le Fespaco 2017.
L’édition 2019 du Fespaco se tiendra du 13 février au 2 mars. Il se penchera sur la dimension économique du cinéma et de l’audiovisuel pour faire de la filière un moteur de développement, a annoncé le délégué général du Festival, Ardiouma Soma.

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