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Mais où sont donc passées toutes ces brillantes et vaillantes personnalités, ces hommes de conviction et de valeurs qui ont accompagné la conquête du pouvoir de Macky Sall ? Ces milliers d’anonymes, de sans-grades et de déclassés, toujours prêts à en découdre pour défendre projets de société et vision de Macky Sall ? Pourquoi subito tout ce beau monde fait profil bas pour céder la place à des mollahs tartuffards, avocats sulfureux et piètres chanteurs à la ramasse ? Le moral dans les chaussettes, perdu dans un désert de dérélictions absolues, le gros des troupes est tombé dans une léthargie profonde.
Depuis les individualités de la première heure, jusqu’à Macky 2012, en passant par des milliers d’anonymes, le cœur n’est plus à l’ouvrage. Et pourtant, pourtant, le bilan matériel reste reluisant après sept années de pouvoir.
On ne le dira jamais assez, une formation politique est un lieu de rationalité démocratique et de réalisme politique, mais la nôtre est davantage un pandémonium et c’est pire que la cour de Versailles : c’est fourberies, copinage, grenouillages, ostracisme et repli identitaire. A ce sombre décor vient s’ajouter l’absence de perspective et un exercice solitaire du pouvoir. Un faible pour célébrités et transhumants qui, non seulement n’ont aucune plus-value à nous apporter, mais vivent de la politique et ne peuvent pas animer la vie d’un parti politique encore moins de faire vivre la politique. Et puis, une ferme volonté de récompenser ostensiblement d’anciens amis du Président dont certains sont des judas patentés. Ce qui semble témoigner d’un coupable entêtement. Non de Dieu ! Pourquoi faire appel aux recyclés et aux secouristes de la victoire pour achever le travail que des anonymes et sans-grades ont commencé avec brio, «From scratch» ? La grande plupart de ces transfuges, jusqu’au deuxième tour de la Présidentielle de 2012, éprouvaient une aversion intraitable pour notre candidat devenu Président malgré eux, et curieusement s’emploie à les recycler. L’injure est sanglante.
Wade avait au moins l’aptitude de créer de toutes pièces ou de dénicher de nouveaux talents qu’il mettait ensuite à son service. Ces nouveaux talents promus et récompensés devenaient du coup des kamikazes de Wade. Je ne sache pas qu’il y ait un seul kamikaze de Macky Sall. Il existe en tout être humain une singularité qui ne demande qu’à briller. Il suffit de savoir créer les conditions de son éclosion. L’exaspération et la colère sont à leur comble.
Quel républicain ou sympathisant n’est pas préoccupé aujourd’hui par l’amoncellement de nuages sur les lendemains de ce parti et du départ imminent de son chef unique ? Nous avons l’impression que le Président veut mettre une croix sur son passé récent et ses compagnons de naguère seulement.
Sinon comment expliquer la mise entre parenthèses brutale de Macky 2012, colonne vertébrale du passage au 1er tour ? Et la disparition progressive de la coterie présidentielle, de personnalités ayant joué un rôle décisif dans la conquête du pouvoir ?
Nous avons dans ce parti une incapacité ankylosée à développer une dynamique d’anticipation pour aplanir aspérités entre un militant et le parti. Simplement à apporter des réponses positives aux velléités de rébellion d’un militant en rupture de ban. Casse-toi, on n’a pas besoin de toi ! C’est tout ce qu’ils ont dans la bouche, ce ramassis de réactionnaires dégénérés. Quel idiot raidissement ! On ne veut entendre parler ni de structuration ni de désignation d’un dauphin. Alors que ces deux réformes politiques audacieuses auraient contribué à lever une partie de l’hypothèque qui pèse sur notre formation. Ne pas structurer le parti comme le font tous les grands partis politiques du monde, par frilosité ou crainte des troubles liés à une structuration, ou juste pour faire dans la différence, c’est sauter les deux pieds joints dans une expérimentation politique hasardeuse. Aujourd’hui avons-nous vraiment le temps d’engager une telle entreprise dans un court mandat de cinq ans ? Je doute de la bonne sagesse d’une telle négligence. Le changement, c’est maintenant. Il ne faut pas attendre, devoir le subir, selon le mot de La Rochefoucauld, comme de la «mort inévitable». Il est grand temps de sortir du chaudron de l’expectative et du tâtonnement.
Dans ces supposées affaires du pétrole, du gaz et récemment du fer, l’opposition utilise délibérément l’affabulation, la démagogie populiste et l’intoxication pour déstabiliser le gouvernement. Les fantassins les plus en vue dans les tirs de barrage, c’est un mollah saloum-saloum, un avocat problématique et sulfureux, et puis un musicien rufisquois qui a loupé sa carrière. Est-ce que c’est ce que nous avons de meilleur pour monter au créneau ? Est-ce qu’un parti politique qui se respecte peut laisser le soin de son image à de tels personnages ?  La communication de ce gouvernement est à la fois défensive et désastreuse. Le danger d’une communication absconse est qu’elle laisse les amalgames s’installer durablement et fait accroire aux citoyens peu outillés intellectuellement les affabulations et les balivernes.
Les élections locales qui se profilent à l’horizon ouvrent des perspectives inédites pour la prochaine Présidentielle. Les risques de subversions électorales sont réels. Tant il est vrai que l’exaspération, la frustration et la chienlit se sont emparées des masses électorales. On ne nous parle que du Benno alors que cette organisation à la longévité miraculeuse a atteint ses limites dans certains endroits et n’existe même pas dans d’autres. Dans notre commune par exemple, le Benno n’existe pas. Seule l’Apr est capable de mobiliser, tandis que les autres partis de la coalition se réduisent à des singletons ; d’où le déséquilibre dans nos réunions et dans les commissions lors des élections.
Examiner ces problématiques au cas par cas est une priorité vitale qui réclame toutes les ruptures pour une meilleure prise en charge de la question électorale.

Ass Malick NDOYE
Responsable Apr
Gueule Tapée, Fass, Colobane

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