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Qui était réellement Cheikh Anta Diop ?
Cheikh Anta Diop, dès les années 50, début des années 60, a marqué l’intelligentsia sénégalaise et africaine de par ses travaux. Il est respecté, honoré au Sénégal, en Afrique et dans le reste du monde. Il était un savant qui travaillait de manière rigoureuse et scientifique. Etudiant, on passait le voir dans son bureau, dans son laboratoire Carbonne 14. Un trait de sa personnalité, c’est sa générosité, sa constance, sa passion pour l’Afrique, les langues nationales, les réconciliations du genre humain, la construction, la libération de l’Afrique. Ce sont ces qualités qu’on doit magnifier à chaque fois. Au moment où il y a des reniements, Cheikh Anta a été constant dans le refus de l’injustice, de la flagornerie, de la facilité.

Cette année, la commémoration de sa disparition est presque noyée par la campagne électorale. Certains parlent de seconde mort et on se demande s’il est célébré comme il se doit…
Nul n’est prophète chez soi. Au moment où je vous parle, il y a des célébrations au Canada, en France. Mais ici, il y a un contexte particulier qui fait que cette année, c’est un peu noyé par le brouhaha politique. Mais c’est une occasion de penser à Cheikh Anta qui était engagé politiquement. Cette commémoration nous donne l’occasion de parler du passé, du présent, du futur, de l’humanité, de l’Afrique et du Sénégal… On a beaucoup échangé sur la pensée et l’action de Cheikh Anta Diop et il convient de rappeler ce que disait Cheikh Anta en ces circonstances.

Qu’est-ce qu’il disait ?
Il disait qu’il avait pitié des intellectuels qui veulent coûte que coûte arriver au pouvoir si le Peuple n’est pas éduqué. Il a pensé comme Mandela, que l’accent doit être mis sur l’éducation des Peuples, leur organisation. Sinon on va créer des monstres, faire beaucoup de démagogie. Cheikh Anta disait si le Peuple n’est pas éduqué, même si vous devenez président de la République, vous allez être un démagogue. Vous allez dire des choses que vous ne pourrez jamais réaliser. Et pis encore, si le Peuple n’est pas éduqué, vous risquez d’être un tyran. Vous allez imposer un rythme que le Peuple ne comprend pas. Cheikh Anta était un politicien très lucide. Le débat est donc actuel. Le contexte politique doit nous permettre de revenir sur ces questions. Quels sont les programmes ? Qu’est-ce qu’on va faire avec le Peuple ? Et pas seulement au bénéfice du Peuple ? Il faut mettre l’accent sur l’organisation et la formation des populations.
aly@lequotidien.sn

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