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La Semaine nationale de l’éducation de base sera lancée à partir de ce lundi à Matam. Le thème choisi pour cette 21ème édition est l’introduction des langues nationales dans le système éducatif. Pour la directrice de l’Enseigne­ment élémentaire, la semaine sera une occasion pour l’ensemble des acteurs de la communauté éducative de discuter sur les modalités de mise en œuvre de cette innovation. D’ailleurs, le ministère de l’Education nationale, forte d’une expérience de plus de 30 ans dans ce domaine, a décidé d’introduire à partir de la rentrée prochaine, l’enseignement du wolof, du sérère et pulaar dans les régions de Matam, Kaolack, Fatick et Kaffrine. Il a planifié la mise à l’échelle sur 10 ans. La semaine de base sera aussi un prétexte pour les autorités en charge de l’éducation de lancer le Programme national de lecture à Kaffrine.

Vous allez lancer la Semaine nationale de l’éducation de base à Matam. Pour cette édition quel sera le message ?
La Semaine nationale de l’éducation de base est une manifestation importante du ministère de l’Education inscrite dans l’agenda depuis plus de 20 ans. Nous en sommes à la 21ème édition. C’est  un moment fort et cette année on voudrait communiquer et échanger avec l’ensemble des acteurs  de la communauté sur l’importance de l’utilisation des langues pour améliorer les performances scolaires. Chaque année on choisit un thème générique mais il y a toujours une thématique liée aux préoccupations du système. Cette thématique relève des préoccupations au niveau de l’éducation de base des problèmes liés à l’état civil, à la citoyenneté, à l’environnement scolaire, à l’éducation des filles, au retour du royaume d’enfant. Ce thème avait été développé il y a trois ans mais il reste d’actualité. Comment faire de sorte que les anciens des écoles retournent à leur école d’origine et pour appuyer. Il y a aussi la préoccupation liée au démarrage effectif des cours, le Ouby tey jang tey. Nous allons engager le débat sur l’introduction des langues qui est une préoccupation de la communauté. C’est une question qui revient à l’Assemblée nationale, dans les Comité régionaux de développement, lors des tournées. Le ministère de l’Education a toujours travaillé en ce sens à travers des expériences-pilotes depuis une trentaine d’années. Nous en sommes à une phase décisive avec les directives données par le chef d’Etat lors du Conseil présidentiel des assises de l’éducation et de la formation. La décision 6 où il recommande l’introduction des langues dans le système éducatif pour améliorer la performance.

Justement vous avez même décidé à la rentrée prochaine, d’introduire les langues nationales dans les apprentissages dans certaines écoles ?
Nous  avons choisi la rentrée prochaine pour démarrer dans les régions de Fatick Kaolack, Matam et Kaffrine. Pour le moment nous allons démarrer timidement parce que c’est une activité complexe qu’il faut prendre avec beaucoup de précautions. C’est une innovation qui peut entraîner une refondation du système raison pour laquelle nous avons planifié la mise à l’échelle sur 10 ans. Donc cette année, nous démarrons en octobre avec les classes de Ci (1000 classes) dans les quatre régions choisies, l’année prochaine, nous allons progresser et ainsi de suite jusqu’à atteindre la troisième année. Le français sera à côté car l’introduction des langues dans les enseignements-apprentissages ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de français. Il y aura une cohabitation entre le français et nos langues. Il faut dire que nous allons, dans le sens du bilinguisme, s’appuyer sur la langue maîtrisée par l’élève pour mieux enseigner le français. Main­te­nant, cette semaine est une occasion d’engager la discussion avec les acteurs de la communauté sur ce thème. Nous allons discuter et voir avec la communauté, les modalités de la mise en œuvre, toutes les difficultés qui pourraient entraver ce projet. Nous voulons une mobilisation nationale pour soutenir ce projet.

Quelles seront les activités prévues durant la semaine ?
Cette semaine sera lancée à Matam. Chaque année, il y a une région focus qui abrite le lancement de l’édition. L’année dernière, c’était Kaolack. Nous allons commencer les activités la veille dimanche avec des manifestations parallèles, des panels, de l’animation, une exposition avec différents partenaires qui viennent pour partager avec nous les initiatives prises en matière d’amélioration de la qualité. Le vernissage de cette exposition se fera le lundi matin avec le ministre Serigne Mbaye Thiam  à Matam avant le démarrage de la cérémonie de lancement. Il est prévu aussi une cérémonie de distinction des acteurs de l’éducation au niveau de l’académie de Matam, une participation des élèves et des différents acteurs. Il est également prévu un déplacement du ministre à Louga pour lancer une initiative dans le domaine de l’éducation inclusive. Nous avons déjà initié cette expérience à Dakar. Elle sera étendue à Kaolack et à Louga. Nous voulons assurer une éducation aux enfants en situation de handicap pour que toutes les préoccupations de cette catégorie d’enfants soient prises en charge. Le ministre procédera également à l’inauguration des infrastructures construites dans le daara de Coki. Les daaras maintenant font partie du système éducatif. Ce sera l’occasion pour nous de marquer cette entrée et d’intégrer ces daaras dans la célébration de la Semaine nationale de base.  Après cette étape, nous prévoyons d’aller à Kaffrine pour le lancement du Programme national de lecture. C’est un programme d’envergure qui va durer 5 ans. Il est soutenu par l’Usaid et ambitionne d’améliorer les performances des élèves dans les premiers apprentissages en lecture. Ce programme va se  fonder sur les langues nationales, comment apprendre à l’élève à lire dans sa langue avant d’aller vers le français. Le programme va démarrer dans 4 académies, Matam, Kaffrine, Kaolack et Fatick à partir d’octobre. La semaine va être clôturée dans l’Académie de Rufisque.

Pourquoi le choix de ces régions ?
Ces régions sont un peu à la traîne par rapport aux performances scolaires des autres régions. Ce sont des régions classées un peu dans la partie des zones en retard de scolarisation. C’est pour cette raison qu’on est en train de développer beaucoup de stratégies pour booster l’éducation à ce niveau.

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