PARTAGER

En conclave hier dans les locaux de la Gouvernance, les autorités administratives et sanitaires ont largement échangé sur la propagation du virus de Covid-19. En effet, les chiffres sont plus ou moins inquiétants même si le nombre de cas positifs au coronavirus semble diminuer au niveau de la région. Une diminution qui ne rassure pas, selon le médecin-chef de région, parce que cela s’explique par le fait que les populations n’acceptent plus d’être prélevées pour faire le test. Ainsi, un document de la situation régionale du Covid-19 à la date du 5 août indique du 11 mars à cette date, la région de Diourbel a enregistré 685 cas positifs au coronavirus dont 379 issus de la transmission communautaire avec 45 personnes décédées et 575 guéries. Si nous prenons par localité, les districts sanitaires de Diourbel, Bambey, Mbacké et Touba ont enregistré respectivement 52 cas, 1 cas, 75 cas et 556 cas. Une situation que l’autorité sanitaire de la région tentera d’expliquer. Et, Docteur Mamdou Dieng de préciser : «Nous avons un total de 685 cas de Covid-19 et la majorité est composée de cas communautaires. Nous avons aussi remarqué que la plupart des cas infectés sont des personnes âgées de 16 à 49 ans suivies des personnes âgées de 50 à 60 ans. Parmi les décès, la majorité est composée de personnes âgées de plus de 60 ans et il n’y a pas de décès dans la tranche d’âge de 6 à 15 ans. Nous avons aussi noté un taux de létalité de 7% par rapport à la moyenne nationale qui est un peu plus de 2%. Raison pour laquelle, nous estimons que le taux de létalité est élevé au niveau de la région.» Une situation, dit-il, qui place le Baol au rang de troisième région la plus infectée après Dakar et Thiès.
A en croire Dr Dieng, cette situation a une explication. Ainsi, le médecin-chef de région détaille : «Cela s’explique par plusieurs facteurs surtout par le fait qu’il y a beaucoup de personnes âgées dans la zone comme Touba où on a noté plus de décès et à Diourbel aussi. Ces personnes recourent tardivement aux services de soins et parfois même n’y vont pas. Parmi celles-ci, on a remarqué certaines qui présentaient des infections chroniques telles que le diabète, l’hypertension, l’insuffisance rénale et autres maladies chroniques. A l’issue de cette analyse, nous avons élaboré un plan pour intensifier la riposte. Ce plan comporte un aspect communication sur les risques et l’engagement communautaire.» Pour lui, il faut une meilleure appropriation de stratégies de lutte par la communauté. En ce sens, fait-il remarquer, il y a surtout les problèmes liés aux comportements.
Sur ce, Dr Dieng a signalé le non-respect du port systématique du masque, les rassemblements qui ont repris de plus belle, le non-respect des mesures de distanciation sociale ainsi que le lavage des mains. Ce, poursuit-il, malgré toute la communication élaborée autour de cette dernière stratégie tout en soulignant que les gens passent toute la journée sans se laver les mains. Surtout, ajoute-t-il, au niveau des gares routières, des marchés sans compter le fait que les surcharges ont repris dans le transport public. «Il n’y a vraiment pas de mesures qui puissent arrêter cette propagation du virus du Covid-19.»
Cependant, M. Dieng a tenu à préciser que le défi actuellement, ce n’est pas de dire qu’il n’y a pas de cas mais plutôt de retrouver les cas parce qu’ils savent qu’avec la transmission communautaire, il y a des cas au niveau des communautés. «Mais, si les patients refusent le prélèvement, cela pose des problèmes dans le suivi de l’épidémie au niveau communautaire», a-t-il regretté.

«Il faut intensifier la riposte avant le Magal de Touba»
La question de l’organisation du grand Magal de Touba qui se tiendra dans moins de deux mois s’est aussi invitée lors de cette réunion du Comité régional de gestion des épidémies. C’est ainsi que le médecin-chef de région a profité de l’occasion pour signaler qu’il faut impérativement intensifier la riposte contre la propagation du coronavirus avant la tenue du grand Magal de Touba. En ce sens, dit-il : «Le Magal approche et il faut en tenir compte car c’est un évènement majeur dans ce pays et j’ai appris hier (jeudi) que le comité d’organisation de cet évènement a déjà tenu sa première réunion préparatoire. C’est un tournant décisif dans la lutte parce qu’on doit d’abord intensifier cette lutte pour essayer d’endiguer l’épidémie avant sa célébration. Comme stratégie, il faut intensifier la recherche active des cas à travers le réseau communautaire, mettre en place des stratégies de communication et surtout sur les risques et susciter l’engagement communautaire.» Mais également, ajoute-t-il, créer une meilleure appropriation de ces stratégies en sensibilisant les communautés mais surtout en engageant ces communautés dans cette lutte pour ce qui concerne la surveillance. Selon lui, il faut que les collectivités locales mobilisent des fonds de dotation mais surtout des fonds propres pour alimenter cette lutte et mobiliser aussi les mécènes qui sont dans la communauté. «Il faut une meilleure implication des collectivités locales et des communautés pour arriver à mobiliser ces ressources et à les mettre au service de la riposte», a-t-il insisté.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here