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«Initiative Climat» a posté ces derniers mois, sur son site, les lauréats trophées Icaf 2017. Parmi ces nominés, figure Eol Sénégal, filière sénégalaise de fabrication, d’installation et de maintenance de petits systèmes éoliens de 500 watts, destinées à l’électrification décentralisée et l’exhaure de l’eau pour la promotion des énergies renouvelables et l’adaptation aux effets des changements climatiques.
Depuis sa création en 2006, indique Mme Bineta Kamara, manager d’Eol Sénégal, le projet a fabriqué une douzaine d’éoliennes. La première a été implantée à l’Ecole supérieur polytechnique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar en 2008. Les autres, dans plusieurs localités, notamment à Goback, dans la région de Saint-Louis, à l’Ecole supérieur polytechnique de Thiès. Il y a une éolienne pour pompage dans la zone des Niayes, notamment à Mbawane, à Keur Abdou Ndoye, entre autres. Celle installée dans le champ agroécologique de Mbawane permet par exemple, de pomper 20 m3 d’eau par jour, afin d’irriguer les champs avec un système de goutte-à-goutte.
Avec l’utilisation de cette équipement, qui produit 2,5 à 5 Kwh/h/j, assurent les concepteurs, il n’y a pas de consommation de carburant fossile, ni d’émission de Co2. Mieux, ajoutent-ils, une éolienne permet à une famille d’avoir une activité productive et une augmentation du rendement des cultures de 20%, selon les initiateurs.
Mais cela nécessite un investissement non négligeable. «Le problème c’est l’investissement initial. Parce que l’éolienne en tant que telle, coûte près d’1,5 million de francs Cfa. Après l’avoir acquise, il faudrait un régulateur, un onduleur si c’est pour l’électrification, une pompe pour le pompage et les pompes de qualité coûtent cher. Donc, cela nécessite d’autres investissements», précise le porteur de projet Bineta Kamara, qui devrait recevoir la récompense d’Eol Sénégal en novembre prochain, à l’occasion de prochaine rencontre internationale sur le climat prévue en Allemagne, où elle escompte plus de visibilité. La responsable du projet entend également, profiter de l’occasion pour nouer des partenariats. Car dit-elle, «c’est un produit qui serait très utile pour les aspects associatifs, communautaires. Par exemple, dans les zones isolées où il n’y a pas d’électricité ou il n’y a pas assez d’énergie pour l’irrigation, les communautés peuvent utiliser l’éolienne, qui peut servir à la fois, à électrifier et au pompage. Les populations peuvent s’associer et acquérir ce produit et en faire un usage communautaire».
Pour rappel, Initiative climat valorise les projets de lutte contre les changements climatiques et décerne des trophées pour 3 catégories (Organisation de la Société civile et collectivités, Entrepre­neurs verts Hommes, Entre­pre­neurs verts Femmes) aux acteurs des pays africains francophones qui se sont le plus illustrés.
Eol Sénégal a ainsi été désignée lauréate dans la catégorie «Fem­me Entrepreneure», du fait qu’elle est dirigée par une femme sous la houlette des chercheurs du Centre international de formation et de recherche en énergie solaire (Cifres) de l’Ecole supérieure polytechnique de l’Ucad.
dialigue@lequotidien.sn

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