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Les chefs d’Etat de l’Union africaine vont voter aujourd’hui à l’occasion du 28ème sommet pour désigner le nouveau président de la Commission de cette organisation. Candidat à ce poste, le Pr Abdoulaye Bathily, qui fera face à 4 autres candidats, pourra savoir si son profil, son expérience, ainsi que le lobbying mené par son pays pour obtenir le soutien des autres Etats, en plus de ceux de la Cedeao, seront payants.

Le successeur de Dlamini Zuma à la présidence de la Commission de l’Ua africaine sera connu lors du Sommet des chefs d’Etat qui s’ouvre au­jour­d’hui à Addis Abeba. Les  5 candidats pour ce poste sont en train d’affûter leurs dernières armes pour obtenir ce poste. Parmi ces candidats, il y en a 3 trois qui sont cités comme favoris pour succéder à la Sud-africaine. Candidat du Sénégal mais aussi des 15 pays de la Cedeao, qui ont décidé de lui apporter leur soutien, Pr Abdoulaye Bathily, va aborder ce scrutin avec le statut de favori. Plusieurs fois ministre et député au Sénégal, le Pr Bathily jouit aussi d’une expérience dans la gestion des crises africaines. En sa qualité de représentant du Secrétaire général des Nations-Unies en Afrique centrale et dans les Grands Lacs, il a été fortement impliqué dans la recherche des solutions aux crises postélectorales au Bu­run­di, au Gabon, au Congo-Braz­zaville. En juillet 2013, il a aussi occupé le poste de Représentant spécial adjoint du Secrétaire général à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation du Mali (Minusma). Chantre du panafricanisme, Abdoulaye Bathily a durant sa campagne beaucoup insisté sur son idéal fédérateur. De même, il promet, s’il est élu, de donner un souffle nouveau à cette organisation à travers des réformes. Convaincu que son profil et son expérience lui permettront de diriger la Commission de l’Ua, Pr Bathily peut aussi compter sur le soutien du Sénégal, à travers son lobbying dans 42 pays pour les convaincre de voter pour lui.
Le candidat du Sénégal ne présente pas toutefois que des atouts. Il doit aussi faire face aux critiques le présentant comme le candidat du Maroc dont le Sénégal a parrainé sa volonté de réintégrer l’Union africaine. C’est d’ailleurs, ce qui fait dire à certains que «les amis du Pr Bathily comptent sur les pays de l’Afrique centrale, où il a été en poste, pour compenser les suffrages qui pourraient lui manquer à cause du soutien apporté par le Sénégal à la tentative du Maroc de réintégrer l’Union africaine».

Zoom sur le parcours et le profil de ses adversaires
Tout comme le Pr Bathily, le ministre des Affaires étrangères du Tchad depuis 2008, M. Fakhi Mahamat, est aussi cité parmi les favoris. Agé de 56 ans, M. Mahamat est présenté comme quelqu’un qui a une «connaissance des grands dossiers internationaux». Le chef de la diplomatie tchadienne, qui entend faire de l’engagement de son pays dans la lutte contre le terrorisme un argument électoral, a un atout non négligeable dans le contexte actuel. Mais, il faut noter que dans son ambition de diriger la Commission de l’Ua, M. Mahamat devra faire face à «l’absence de consensus sur une candidature unique en Afrique centrale, sous-région dont il est originaire». A ce désavantage, il faut ajouter le fait qu’une partie «de la Société civile tchadienne milite contre sa candidature en mettant en avant l’absence de démocratie et le non-respect des droits de l’Homme au Tchad».
Parmi les adversaires de notre compatriote, il y a aussi la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères du Kenya, Amina Mohamed, qui «présente un profil moins clivant que les deux autres favoris du scrutin». Elle jouirait «d’une grande connaissance de la Communauté internationale pour avoir été directrice adjointe du Programme des Nations-Unies pour l’environnement (Pnue) et ambassadrice de son pays auprès de l’Onu à Genève». Si elle présente des atouts pour succéder à Dlamini Zuma, Ami­na Mohamed peut être défavorisée par «l’énorme scandale fi­nan­cier» dans lequel elle est citée. Selon les révélations de l’hebdomadaire The Kenyan Weekly reprises par le journal Enquête dans son édition du 19 janvier dernier, «Amina Mo­hamed est mise en cause dans plusieurs affaires à l’origine d’une pétition déposée à l’As­semblée nationale en décembre dernier, pour exiger sa démission». «Elle est accusée, dans le cadre du conflit frontalier ken­yan avec la Somalie, d’avoir profité de la crise qui sévit dans leur pays pour enrichir sa famille», a-t-on rapporté.
Outre ces candidats, il faudra aussi compter sur le ministre équato-guinéen, Agapito Ba Mokuy, 51 ans, et l’ancienne ministre botswanaise, Pelonomi Venson-Moitoi, 65 ans. Selon certains observateurs, ces derniers «devraient, quant à eux jouer les trouble-fêtes, même si la désignation du président de la Commission obéit surtout à des critères politiques».
dkane@lequotidien.sn

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