PARTAGER

Après les 48 heures de grève d’avertissement qui «semblent ne pas ébranler» les autorités administratives de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, la coordination du Saes, pour restaurer la dignité de l’enseignant et le droit des étudiants, décrète à partir d’aujourd’hui 72h de grève suivies d’un sit-in à l’Ucad III ce vendredi. Cela, dit le Saes, parce que l’Etat n’a pas respecté ses engagements, les infrastructures pédagogiques ne sont pas livrées, des sommes sont encore dues aux enseignants…

Déception, mépris, indifférence, mutisme, manque d’infrastructures pédagogiques. Ce sont les maux qui ont poussé les membres du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) à décréter 72 heures de grève à partir d’aujourd’hui suivies d’un sit-in le vendredi devant le Rectorat de l’Uni­versité. L’annonce a été faite hier par le coordonnateur du Saes, section campus de Dakar, Dally Diouf, en marge d’un point de presse tenu à la suite de leur Assemblée générale d’hier matin. Pour ces enseignants, la patience a atteint ses limites, ils ne peuvent plus supporter le «mépris et le mutisme du recteur et de ses collaborateurs» face aux problèmes de l’Université de Dakar. En effet, après leur grève des 23 et 24 novembre passés, grande a été leur «déception» de constater que l’administration de l’Ucad n’a pipé mot pour s’enquérir de leurs préoccupations. «Les autorités sont restées indifférentes aux deux jours de grève, elles ne nous ont même pas appelés pour savoir ce qui n’allait pas», regrette Dally Diouf.
«Frustrés et déçus», les syndicalistes ont décidé de passer ainsi à la vitesse supérieure pour faire respecter leur droit et rétablir la dignité de l’enseignant. Estimant qu’ils s’acquittaient de leurs devoirs malgré le manque de considération manifesté par des responsables de l’Université, ils déroulent un plan d’action pour la semaine et décrètent : «L’Ag  du Saes au niveau du campus de Dakar a décidé de décréter un mot d’ordre de 72h à partir de demain (aujourd’hui) jusqu’a vendredi. Et le vendredi à partir de 10h, nous allons faire un sit-in.» Les motifs sont multiples. D’abord, «parce qu’il n’y pas eu d’avancées significatives dans la prise en charge des problèmes soulevés par la coordination Saes de l’Ucad, favorisé par l’absence totale de réaction des autorités compétentes pour apporter des solutions concrètes aux problèmes soulevés et dont l’Ucad est encore la seule université à traîner», constatent les enseignants. En plus, le syndicat relève que c’est seulement à Dakar qu‘on parle de sommes dues au personnel enseignant depuis juillet. «On ne sait même plus combien l’université nous doit parce que nos droits sont bafoués», regrette le coordonnateur du Saes. Aussi, les syndicalistes réclament un audit des contrats de performance «financés par la Banque mondiale pour voir qu’est-ce qui a été injecté et qu’est-ce que cela a rapporté à l’Université en termes d’amélioration des conditions d’enseignement des étudiants», car ils «ne servent pas a l’Ucad». Sans oublier la non livraison en fin novembre (date échue) des infrastructures pédagogiques dont la construction ne devait durer que 8 mois, à en croire le coordonnateur du Saes qui ajoute que cela représente 7 500 places qui sont encore non disponibles pour les étudiants.
Forte de ces préoccupations, Fatou Seck, enseignante à l’Ucad, qui pointe du doigt les défaillances de l’Etat face à ses engagements et ses camarades, exige du gouvernement de prendre ses responsabilités dans les meilleurs délais pour éviter des «perturbations inutiles» de l’année académique 2016-2017, dont on ne pourrait tenir pour responsable que les autorités administratives.
 msfaye@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here