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La condamnation à 6 mois assortis de sursis de Moumini Camara pour diffamation à l’encontre de Cousson Traoré et Dominique François Mendy par la 3ème Chambre correctionnelle du Tribunal hors classe de Dakar étonne la section Saes/Cesti qui a demandé à son avocat d’interjeter un appel partiel de la décision du juge. Elle ne cache pas sa stupéfaction : «La section Saes/Cesti est très surprise de la décision du Tribunal de relaxer son secrétaire général du délit d’injures publiques tout en le déclarant coupable de diffamation. Cette décision ne nous paraît pas fondée en droit car, comme l’a soutenu notre conseil, à l’audience du 24 décembre 2019, la citation directe est manifestement irrégulière dans la forme.» Pourquoi ? «Il se pose une question d’imputabilité personnelle des propos contenus dans le communiqué de notre section, qui ont été attribués dans la citation directe à notre secrétaire général. Il est constant et non contesté que ce communiqué a été signé collégialement par l’ensemble des membres de la section et, par conséquent, il n’est pas possible en droit de retenir la responsabilité personnelle du secrétaire général de la section Saes/Cesti.» D’après le syndicat, «il n’existe pas de responsabilité pénale collective, ni de substitution ni d’emprunt, ni du fait d’autrui encore moins de représentation pénale».

«L’Université des copains et des coquins, ça suffit»
Cette affaire est née de la délivrance de diplômes à 52 journalistes béninois par le Cesti. Malgré cette condamnation, la section Saes/Cesti «maintient ses accusations à l’encontre de Cousson Traoré, car il n’y a jamais eu de délibération du comité pédagogique du Cesti avant la remise des attestations aux professionnels béninois le 24 juillet 2019 à Cotonou. Les 52 attestations ont été décernées de façon illégale, en violation flagrante des critères pédagogiques prescrits par le décret n° 2010-706 du 10 juin 2010, portant organisation et fonctionnement du Cesti». Les syndicalistes reposent les mêmes questions à la directrice : «Sur quels critères ont été déclarés admis les 52 journalistes béninois ? Dans quel cadre les délibérations se sont déroulées ? Avec qui ? Sur quelle base juridique ? Où est le procès-verbal qui sanctionne ces délibérations ? Où sont les notes ?»
Aujourd’hui, le syndicat semble régler ses comptes avec toute l’Université. Il «constate que depuis l’éclatement de cette affaire, toute une stratégie a été mise en œuvre à l’Ucad pour protéger Cousson Traoré, y compris au sein même du Saes». Dans la même veine, la section Saes/Cesti «s’étonne aussi du silence du recteur et du directeur des Affaires pédagogiques de l’Ucad face à cette forfaiture». Il rappelle que «dans une correspondance en date du 16 octobre 2019 qu’il avait adressée au coordonnateur Saes du campus de Dakar, le recteur soutenait avoir donné des instructions à la Direction des affaires pédagogiques (Dap) de l’Ucad pour un audit du dispositif de formation mis en œuvre par le Cesti et incriminé par la section Saes/Cesti. Les différentes parties prenantes ont été entendues par la Dap en octobre 2019». «Mais depuis, c’est le silence radio du côté du rectorat et un black-out total dans un dossier qui met en jeu l’image et la crédibilité du Cesti», regrette le Saes/Cesti.
Sans le dire, il compare cette affaire à l’arrestation de Babacar Diop : «La coordination Saes du campus de Dakar n’a pas fait montre du même zèle qu’elle a déployé pour tirer des griffes de la justice un collègue, homme politique, arrêté dans le cadre d’une affaire qui n’avait rien à voir avec ses activités scientifiques et pédagogiques. Pourtant, l’Ucad a été régulièrement bloquée durant cette affaire. Mais qu’est-ce qui justifierait au sein même de notre syndicat ce deux poids deux mesures dans des combats qui sont tous adossés à la défense de principes et de valeurs ? L’Université des copains et des coquins, ça suffit». «Les crocs-en-jambe au sein de l’Ucad et même dans notre propre syndicat sont loin de nous décourager. Nous continuerons à nous battre pour défendre non seulement des principes, mais aussi et surtout agir pour le triomphe des valeurs pédagogiques qui ont forgé la réputation de notre institution depuis plus d’un demi-siècle. Après tout, le Cesti vaut bien une messe», appelle-t-il.
Stagiaire

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