PARTAGER

Le professeur Jacques Sojcher de l’université libre de Bruxelles a animé hier à l’Ucad, une conférence sur le surréalisme. Celle-ci a permis de faire une comparaison entre le surréalisme belge et celui français. Ce, pour que les habitudes de compréhension des étudiants par rapport au surréalisme français, laissent une fenêtre ouverte vers le surréalisme belge.

Le professeur Jacques Sojcher de l’université libre de Bruxelles, spécialiste de littérature et de philosophie, a tenu une conférence publique à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar hier sur le surréalisme. Cette première conférence, d’une série de trois qui doivent se tenir, portait sur la comparaison entre le surréalisme français et le surréalisme belge. L’objectif est de faire en sorte que les habitudes de compréhension des étudiants par rapport au surréalisme français, laissent une fenêtre ouverte vers le surréalisme belge.
Lors des débats, M. Sojcher a axé son intervention sur la naissance du surréalisme, sur les relations entre surréalisme belge et surréalisme français, et la relation entre Césaire, Senghor et André Breton. Pour M. Sojcher, le surréalisme est né à Paris. Et c’est à André Breton qu’on doit le premier manifeste du surréalisme en 1924, et puis rapidement il y a eu un groupe en Belgique, le groupe de Bruxelles et le groupe du Eno, les surréalistes belges dont le principal est Paul Nougé. Et puis, il a semé partout en Tchécos­lovaque,  au Liban, aux Etats-Unis,  en Afrique. Donc, un mouvement qui a jusqu’à la guerre a connu un développent très important.
S’agissant de la relation entre surréalistes belges et surréalistes français, cet écrivain dira : «Ils ont des points communs. Et ces points communs, c’est la révolte, c’est un état d’esprit contre le principe de réalité, contre le positivisme, contre le conformisme. Et donc c’est l’idée d’une destruction de la famille, de la patrie, de la religion, des codes littéraires et culturels et la reconstruction, un enchantement du monde, une politisation du monde avec des moyens plus mystiques chez les surréalistes français et plus dans la dérision plus modeste dans le surréalisme belge.»
Lui emboîtant le pas, le professeur de littérature comparée,  et francophonie  et de la littérature belge au département des Lettres modernes de la Fac des Lettres de l’ucad, Bacary Sarr, a soulevé les différences entre le surréalisme belge et celui français. «Il y a quelque chose assez fort qui s’est passé. Au moment où le surréalisme français est en train de grandir, de prendre de l’ampleur, de l’autre côté stratégique et frontalier de la France, de l’autre côté dans le Bruxelles et dans le Eno, se passait également un mouvement, une activité surréaliste très intéressante», dira-t-il. Non sans ajouter que les surréalistes français n’avaient pas la même approche, la même compréhension de l’expérience surréaliste surtout ceux de la Belgique, du point de vue des concepts, du point de vue de l’organisation, du point de vue de la manifestation et des supports. A en croire M. Sarr, les surréalistes français semblaient donner beaucoup plus d’importance au rôle que les conscients jouaient un peu dans la question de l’expérience surréaliste. Alors que de l’autre côté, le surréaliste belge donnait beaucoup plus d’importance à la réalité, à la raison, à la manière dont la réflexion pouvait organiser la question du surréalisme. «Ces deux dimensions contradictoires permettaient à la fois aux surréalistes belges et français de s’affronter et de créer des textes sous forme de manifeste qui donnaient naturellement du point de vue différence», analyse M. Sarr.
Par ailleurs, le conférencier, M. Sojcher,  est revenu sur la relation entre Césaire, Senghor et André Breton. Il dit : «Césaire, Senghor  ont vu Breton, ils ont aussi vu le surréalisme belge. Le style même de Senghor, qui divinise la femme, qui fait des poèmes très lyriques, est très proche d’un poème comme l’union libre de Breton.»
Poursuivant son argumentaire, il ajoute : «Donc sans qu’ils soient vraiment surréalistes, il  y a une émanation dans l’esprit surréaliste qu’on trouve chez Césaire et Senghor qui n’appartiennent pas structurellement parlé aux groupes surréalistes mais qui ont subi cette influence. Il y a des points communs entre eux.»
mfkebe@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here