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La reprise prévue hier n’a pas été effective à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) à cause de la non disponibilité des emplois du temps et des chambres.

Aucun signe de reprise ne saute à l’œil à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Ce n’est pas la foule des grands jours. A l’entrée, un dispositif de lavages de mains est mis en place, mais aucune prise de température n’est observée. Les portes des amphithéâtres sont closes. Dans le hall et le jardin, errent des étudiants dont certains sont sans masque. Alors que certains grignotent quelque chose avec du café, d’autres ont les yeux rivés sur leurs cahiers. Mme Traoré est étudiante en Licence 3 de Lettres modernes. De courte taille, teint clair, chaussures légères de couleur jaune, jupe noire, body vert et cheveux naturels, elle a été trouvée en pleine révision sous l’ombre du grand bâtiment de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Ucad. A côté d’elle, une bouteille d’eau, un sac contenant ses bagages posés sur un banc. Actuellement logée par des amies à la Médina, elle s’inquiète de la reprise des cours alors que les codifications pour les chambres ne sont pas encore faites et les restaurants restent fermés. En lieu et place des lave-mains «insuffisants» installés à travers le campus, dit-elle, il fallait juste offrir des gels à chaque étudiant pour éviter les attroupements.
La rentrée initialement prévue ce 1er septembre a été reportée à la semaine prochaine, le temps d’élaborer les emplois du temps qui devraient être faits au plus tard dimanche prochain. Malgré cela, des étudiants sont venus s’enquérir de la situation. Alors contrairement à la Fac droit, à la Faculté de médecine, de pharmacie, d’odontologie et de stomatologie, pas de dispositif sanitaire. Quelques étudiants se réfugient sous l’ombre des arbres. A la Bibliothèque universitaire (Bu), après le lavage des mains, le visiteur passe à la prise de température au thermo-flash. L’espace n’est pas encore ouvert aux apprenants, juste pour les prêts ou retours d’ouvrages. A quelques mètres seulement, sous une fine pluie, Lamine Biaye, étudiant en Licence 2 au département d’histoire de la Faculté des lettres et sciences humaines, et ses camarades s’affairent sur une affiche de sensibilisation sur le coronavirus. «On savait que ça ne sera pas possible aujourd’hui (hier) dans la mesure où il n’y avait pas de consensus entre les étudiants et les autorités universitaires. Pour une reprise normale, comme le souhaitent les gens, si ça ne se passe pas ainsi, que cela ne surprenne personne», dixit M. Biaye qui est aussi membre de l’Amicale de ladite faculté.
Pour lui, l’arrivée du nouveau recteur, Pr Ahmadou Aly Mbaye, qui a remplacé le Pr Ibrahima Thioub en est aussi pour quelque chose. Il dit : «On ne change pas de coach en pleine compétition, ni en plein match. Nous sommes en pleine crise, en pleine année universitaire, il fallait attendre que l’année s’achève pour opérer un changement à la tête du Rectorat. S’il y avait l’ancien recteur, il allait savoir comment faire pour décanter cette situation.» En écho, Saliou Ba, étudiant en Mas­ter 2 au département d’histoire de la Faculté des lettres et sciences humaines, a une autre lecture de la situation. Il avance : «Cela fait quelques mois que je ne suis pas venu, mais j’ai été impressionné quand je suis revenu avec tout le dispositif, surtout pour le lavage des mains. Partout où on passe il y a un dispositif de lavage de mains qui a été mis en place, et c’est rassurant.» Il trouve qu’il faut surtout insister sur la communication relative au port obligatoire du masque. Maintenant, il reste à savoir si le protocole annoncé par les autorités universitaires va être de mise à la rentrée.

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