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Les Journées scientifiques du littoral se sont refermées hier sur de multiples pistes de recherche soulevées autour de l’adaptation aux changements climatiques. La gestion des ressources en eau et la résilience des agrosystèmes dans le cadre d’une urbanisation sont notamment remises en question à l’aune des politiques mises en œuvre pour répondre à la demande des populations.

Par Bastien DAVID

L’érosion côtière vaut désormais au Sénégal le recul de son trait de côte d’1m 30 chaque année, à cela l’urbanisation frénétique et l’agriculture à tendance intensive pratiquée au niveau de la zone du Horst de Diass conduisent les pouvoirs publics à remettre en question l’approvisionnement en eau de la région du Cap-Vert. Les Journées scientifiques du littoral, organisées par le Master Gidel (Gestion intégrée et développement durable du littoral Ouest-africain) de l’Ucad, l’Institut de recherche pour le développement (Ird) et l’Umi Résilience, pour leur troisième édition, ont porté notamment sur la question de l’accès à l’eau. Le traumatisme vécu en 2013 par les populations lors de l’incident, qui a conduit à l’arrêt de l’alimentation en eau de l’usine de Keur Momar Sarr, a amené le gouvernement à porter son attention sur des alternatives à la dépendance de la capitale à cette seule source d’approvisionnement en eau. Ainsi, le projet de construction d’une usine de dessalement de l’eau de mer au niveau des Mamelles semble désormais être la solution à l’équation de la mono-alimentation en eau. Cependant, l’opportunité d’un tel ouvrage sur un plan durable est mise à mal au regard de son impact sur l’envirronement. Pour Eric Machu, chercheur, l’impact écologique et économique pourrait s’avérer néfaste pour les populations : «A long terme et localement, de nombreuses ressources halieutiques pourraient disparaître du fait des produits toxiques utilisés en plus de la faible oxygénation qui en résulterait pour les espèces vivantes.» L’impact pour les pêcheurs confrontés à une raréfaction du poisson sur le pourtour de cette côte, ainsi que celui sur un cadre de vie soumis à une bétonisation à outrance. Le chercheur, en dépit de la consultation effectuée par la Sones auprès des communautés de pêcheurs de Ouakam, souligne surtout le fait que l’étude d’impact réalisée n’a pris en compte la composante économique et qu‘«on ne peut prévoir les conséquences de l’édification de cette usine du fait de l’absence des termes de références dans l’étude réalisée».  Mamadou Marone, conseiller du ministre de tutelle à la Sde, explique lui que cette alernative de l’usine des Mamelles est «percue par les autorités comme un dispositif intérimaire qui permet de donner plus de résilience au système d’alimentation en eau potable de Dakar et surtout plus de flexibilité». Olivier Rüe, expert en système côtier, avance l’idée d’une captation des eaux atmosphériques au regard de la forte humidité qui baigne les côtes d’Afrique de l’Ouest même en saison sèche, à l’instar de ce qui se pratique déjà dans certaines îles de l’archipel du Cap-Vert. Les vapeurs d’eau formées par la condensation sont ainsi captées par le bais d’immenses moustiquaires tendues sur les  falaises qui receuillent le précieux liquide.
 bdavid@lequotidien.sn

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