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Les secrétaires et directeurs régionaux des organisations membres de la chambre consulaire régionale de l’Uemoa en conclave à Dakar ont indexé hier le transit routier qui constitue entre autres, un problème majeur pour les chambres de commerce.

Le transit routier inter-Etats reste le plus grand problème des chambres de commerce, d’industries et d’agriculture de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Ce transit permet à des marchandises qui par exemple devaient aller à Bamako, de traverser les territoires bissau-guinéen et sénégalais pour aller au Mali sans être dédouanées ni en Guinée-Bissau ni au Sénégal, mais dédouanées directement au Mali. Ce qui constitue un grand problème surtout pour la caution nationale, selon les acteurs. «Ce sont des sommes importantes qui sont en jeu. Les chambres consulaires ne sont pas aussi riches, même si elles sont nationales. S’il y a problème, ce sont des contentieux qui peuvent porter sur des milliards. Les chambres n’ont pas les coudées franches pour mener à bien cette mission qui, dans presque tous les Etats de l’Uemoa, a été dévolue aux chambres de commerce», a signalé hier Mamadou Ndiaye. Le représentant de l’Union nationale des chambres de commerce du Sénégal s’exprimait en marge du séminaire d’appropriation des réformes de l’Uemoa, organisé par cette dernière à l’intention des secrétaires et directeurs régionaux des organisations membres de la chambre consulaire régionale de l’Uemoa.
La réalisation d’équipements collectifs constitue l’autre difficulté des chambres de commerce. «Ce sont des investissements lourds comme le marché d’intérêt national que l’Etat du Sénégal a réalisé à Diamniadio, la gare des gros porteurs, la réhabilitation des ports régionaux. Ce sont de gros investissements que les chambres elles seules ne peuvent pas porter sans l’implication de l’Etat», a expliqué le Secrétaire général de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de la région de Diourbel. «L’Etat va-t-il rétrocéder les infrastructures qu’il a réalisées aux chambres consulaires pour les gérer?», s’est interrogé M. Ndiaye, qui signale que le marché d’intérêt national de Diamniadio était un gros projet de la chambre de commerce de Dakar.
Les chambres de commerce, qui sont des établissements publics pour la plupart, ont été mise en place par l’Etat. Cepen­dant, elles sont beaucoup plus proches des opérateurs économiques que les administrations centrales. Aujourd’hui, ces chambres souhaitent que l’Etat leur rétrocède certaines infrastructures, au moins en ce qui concerne leur gestion. «On se positionne et on fait des plaidoyers auprès de nos autorités qui sont nos tutelles pour qu’elles nous rétrocèdent certaines infrastructures», confie M. Ndiaye.
La Zone de libre échange continentale africaine (Zlecaf) récemment lancée et la mondialisation en marche justifient la démarche des participants qui recherchent, à travers ce séminaire, un plaidoyer pour une prise en compte de leurs préoccupations au niveau supranational en l’occurrence l’Uemoa qui peut apporter des solutions que peut-être les Etats seuls pourraient difficilement accepter ou mettre en œuvre. «Ce qu’on attend, c’est que nos problèmes communs soient portés à la connaissance de nos auto­rités. Seuls au niveau de nos nations, nous allons toujours rester faibles. L’Uemoa nous offre un cadre de faire connaitre nos préoccupations, de les porter à un niveau où des solutions au bénéfice de nos opérateurs économiques pourraient être trouvées», a expliqué Mamadou Nidaye.
ksonko@lequotidien.sn

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