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La reprise des cours à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis n’a pas finalement eu lieu comme prévu. Les étudiants, qui ont massivement répondu à un mot d’ordre de boycott décrété par la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl), ne se sont pas rendus dans les amphithéâtres, bloquant de fait le plan de reprise mis en place par l’Administration de l’Université. Si cette situation perdure, les conséquences seront fâcheuses, car la fenêtre de cours ouverte pour sauver l’année est trop petite.

Ce n’était une simple menace de la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl). Alors que les autorités du rectorat et du Centre des œuvres universitaires (Crous) se démenaient pour convaincre les étudiants et l’opinion sur le bien-fondé et la pertinence du plan de reprise des cours annoncé en grande pompe, les responsables de la Cesl affichaient leur intention de s’opposer à cette décision. Même s’ils avaient annoncé qu’ils n’étaient pas contre la reprise. Cette attitude très nuancée de la structure représentative des étudiants de l’Ugb avait déjà semé le doute dans l’esprit des gens qui avaient du mal à situer leur position. L’on se demandait quelle stratégie les délégués des étudiants allaient mettre en œuvre pour convaincre leurs camarades de ne pas donner suite à la décision de l’Admi­nistration de reprendre les enseignements de façon graduelle.
La Coordination des étudiants ne s’est pas seulement limitée à inviter ses membres à boycotter les amphithéâtres, elle a également poussé le bouchon plus loin en décrétant 72 heures de journées sans tickets (Jst). Il s’agit de ces fameux jours pendant lesquels les étudiants se font servir gratuitement les trois repas journaliers. Face à cette situation très tendue, la direction du Crous semble opter pour la carte de l’apaisement. Pour l’instant. Selon une source, «les agents du Crous ont reçu comme consigne de continuer le plan de reprise mis en branle par l’Admi­nistration comme si de rien n’était». Les repreneurs des différents restaurants mis en service auraient aussi reçu comme recommandation de continuer à servir les repas aux étudiants malgré leur refus de présenter des tickets. Pour l’instant, le problème ne se pose pas sur le campus social où le Crous ménage les étudiants pour certainement éviter d’envenimer la situation très tendue. Malgré cette défiance, les étudiants ont commencé à recevoir leur kits composés de masques, de moustiquaires et d’autres matériaux leur permettant de respecter les mesures barrières pour éviter d’éventuelles contaminations.
Hier, la Cesl a évidemment démontré qu’elle était bien écoutée par les étudiants de Sanar qui ont brillé par leur absence, en ne rejoignant pas les salles de cours qui sont restées vides malgré la présence des enseignants prêts à reprendre les enseignements. Cette décision risque de plomber les efforts faits pour assurer la reprise pédagogique. Si les étudiants refusent toujours d’aller en classe, ils risquent de perturber la planification déjà faite par le Rectorat qui comptait utiliser rationnellement le reste du quantum horaire pour terminer les enseignements, en faisant reprendre graduellement les cours pour les 11 mille 917 inscrits dans les différentes Ufr de l’Ugb.
Pour l’instant, même si l’Administration du rectorat ne s’est pas prononcée sur ses intentions face à cette nouvelle fronde, elle semble déterminée à aller jusqu’au bout de sa logique. D’après une autre source proche de ce service, le recteur devait rencontrer le gouverneur hier, dans l’après-midi. Une rencontre qui, même si on n’en connaît pas l’ordre du jour, devrait normalement permettre au président de l’Assemblée de l’Université, à ses collaborateurs et aux autorités administratives d’harmoniser leurs positions avant de prendre des décisions.
Il est très probable que les deux parties se retrouvent pour essayer de rapprocher leurs positions. A défaut, l’Université Gaston Berger risque encore de sombrer dans la violence, car le recteur Ousmane Thiaré s’est voulu jusque-là très clair : il est déterminé à faire respecter les décisions de l’Assemblée de l’Université qui «sont souveraines et applicables à tous», alors que les étudiants ont montré dans le passé qu’ils ne «lâ­chaient pas du lest facilement».

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